entrée en matière

Cher lecteur connu ou inconnu,

je me suis donné pour tâche de commenter l’actualité avec les outils que me donnent ou sont censés me donner la « science » que je pratique et que j’enseigne. Si tu connais bien la langue française, tu remarqueras que mon bloc-note fait parler un politiste et non un politologue. Le terme correctement formé en français n’est autre que politologue (comme sociologue, psychologue, etc.), mais il se trouve que, depuis le milieu des années 1990, une fracture s’est opérée dans notre milieu savant entre ceux qui passent dans les médias ou conseillent le Prince (souvent les mêmes) et ceux qui n’y passaient pas alors et qui aspiraient à y passer (désormais eux aussi des médiatiques conseillers). Les anciens se nomment politologues, les modernes se nomment politistes. De fait, par ma génération, j’appartiens aux nouveaux, et j’aime bien ce terme de politiste qui nous rappelle à chaque fois à quel point les mots sont porteurs d’enjeux qui dépassent les individus qui les utilisent.
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2 réponses à “entrée en matière

  1. Je découvre très tardivement ce blog fort instructif et sa photo énigmatique de présentation…

    J’avoue que la guerre-guerre de labelisation entre politologue et politiste m’avait jusque là échappé.

    En gros les politologues ce sont les vend… euh les collaborateurs des instituts de sondages et autres officines gouvernementales et les politistes ce sont les preux chevaliers resistants à l’appat du gain et du pouvoir (ou plus simplement les evincés du juteux gateau par les premiers) ?

    Sinon que faire des pséphologues ? (http://www.wordinfo.info/words/index/info/view_unit/1771)

  2. Votre traduction de mes propos est plutôt (im)pertinente, mais exacte dans sa caricature, sauf que les Modernes ont rejoint les Anciens.

    J’ajouterais que dès les années 1960, Jacques Ellul, le grand philosophe critique de la « Technique », se moquait des « politologues » pour leur immenses prétentions – il devait penser à des collègues à lui de l’Institut d’Etudes politiques de Bordeaux, mais je ne sais pas exactement lesquels. De fait, l’abandon du mot bien formé en français « politologue », pour un mot par loin d’être un anglicisme mérite explication. Le Petit Robert n’indique d’ailleurs comme entrée que « politologue » daté de 1959, il ajoute « On dit aussi politiste, 1985 ». Mais mon édition date de 2000. Il est vrai que le mot de « politologie » daté de 1954 par mon Petit Robert a disparu de la circulation au profit de celui de « science politique » (qui a la mérite de calquer le terme anglais et d’avoir le mot « science » inclu dedans).

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