VGE attacking London, mayday, mayday! ou les suites des vengeances de l’ex?

Suite des aventures de VGE : non content de publier en français dans le Monde du 27 octobre 2007 un article sur le futur Traité de Lisbonne qui en fait la référence des opposants à ce texte, notre ex-président (de beaucoup de choses… la France, l’Auvergne, et la Convention pour l’Avenir de l’Europe) a décidé de vulgariser ses idées en anglais. Il a publié une version de son texte dans la presse britannique, dans The Independent, du 30 octobre 2007, sous le titre : The EU Treaty is the same as the Constitution. Lift the lid and look in the toolbox, and all the same innovative tools are there),

http://comment.independent.co.uk/commentators/article3109902.ece

et, pour assaisonner le tout, il s’est laissé interviewer par les médias britanniques. Mais quelle mouche le pique? Ce n’est un secret pour personne que l’opinion publique britannique, telle qu’elle est mesurée par les sondages, est foncièrement hostile à tout abandon de la souveraineté britannique, le gouvernement « New Labour » de Gordon Brown a négocié les 18/19 octobre lors du sommet européen une série de dispositions nouvelles dans le but justement de ne pas avoir à faire du tout de référendum au Royaume-Uni. Tout doit y passer par la voie parlementaire, et voilà que VGE agite le chiffon « bleu étoilé » devant ces mêmes britanniques consistant à dire en anglais, par écrit et par oral, que ce texte est à quelques détails prés la même chose que la dite Constitution. Ce texte a d’ailleurs fait plaisir aux eurosceptiques britanniques, qui le relaient dans leur appel à signer une pétition pour un référendum.

Face à cet acte illogique pour un partisan de l’intégration européenne, on peut supposer d’abord que VGE a voulu simplement faire parler de lui (ce qui est possible vu ses antécédents), ou alors rechercher une logique stratégique. Rendre l’approbation de ce traité de Lisbonne plus difficile encore au Royaume-Uni qu’elle ne l’est déjà correspond tout à fait à une visée « fédéraliste » à la française. En effet, l’Europe-marché est considérée par cette dernière comme ayant son bastion idéologique et politique outre-Manche. Imaginons en effet que les Britanniques soient incapables de ratifier le texte (soit à cause d’une révolte des backbenchers du New Labour, soit à cause d’un référendum) et que tous les autres pays ratifient. Dans ce cas, les Britanniques n’ont plus qu’une solution : sortir de l’Union. Certains commentateurs du centre-droit français (Jean-Louis Bourlanges de la même origine politique que VGE) avaient déjà remarqué dans l’Expansion que ce nouveau Traité donnait des droits aux Britanniques sur la gouvernance de l’Union tout en les soustrayant largement à la loi commune. Si les Britanniques sortent, ou se situent dans un statut ad hoc (comme les Norvégiens ou les Suisses), l’Union européenne est de nouveau dominée par des grands pays fédéralistes : France, Allemagne, Italie et Espagne. On peut passer à une phase ultérieure : tout le monde est dans l’Euro, dans Schengen, dans une perspective de défense européenne autonome, etc. En somme, le rêve d’une Europe fédérale est sauvé. Ajoutons que le nouveau Traité prévoit le droit de se retirer de l’Union : quelques Etats probritanniques peuvent sortir par la même occasion (les Danois par exemple) s’ils étaient effrayés de se retrouver dans une Union sans la garantie britannique du maintien des souveraineté nationales.

J’ai évoqué cette hypothèse hier devant mes étudiants, ils ont été peu convaincus, car, évidemment, une telle sortie des Britanniques changerait totalement la donne en Europe, mais je pense qu’il s’agit moins d’une menace, que d’un scénario qui doit s’imposer dans les têtes des dirigeants britanniques pour rééquilibrer la donne en faveur des fédéralistes français. En gros, si les Britanniques continuent d’abuser de notre patience, nous les forcerons à sortir ou à rester dans des conditions humiliantes.

Si tel était le but de VGE, je trouve le coup bien joué.

Ps. Dans le cas français, l’article de VGE n’a pas échappé non plus au Parti des travailleurs : dans un tract distribué à Grenoble sur le campus, intitulé « Peut-on nier que tout vient de l’Union européenne? », un passage du texte est cité.

Ps. Information étonnante glanée dans la presse : les Britanniques auraient l’intention de revenir sur la libre circulation entre les deux parties de l’Irlande au nom de la lutte contre le terrorisme international. Idée pour le moins étrange qui ne va pas dans le sens d’une intégration accrue de l’Union européenne.

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