De la naïveté des économistes critiques…

Je viens de voir que des économistes critiques, profitant de l’émoi créé par la crise financière actuelle, demandent l’abolition d’articles du Traité de Lisbonne,

cf. http://www.stop-finance.org/Speculation-et-crises-ca-suffit

En fait, il s’agit d’abolir des articles du Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (TFUE), futur ex-TCE. Je ne suis pas sûr que la pétition ne se trompe pas sur la numérotation exacte des articles. Mais peu importe.

Une pétition pour demander la lune, est-ce bien raisonnable? Est-ce bien raisonnable de faire croire aux signataires qu’on pourrait changer de telles dispositions essentielles à l’idée même de grand marché du capital ouvert sur le monde qui est inclue dans la construction européenne depuis au moins l’Acte Unique des années 1980? Certes, ce que l’homme a fait, il peut le défaire. Mais ici, tout est parti pour que le Traité de Lisbonne soit ratifié tel quel, vu les difficultés qu’il y a eu à le négocier, vu le mal que les gouvernants de tous les pays se sont donnés pour éviter tout référendum populaire (y compris en Grande-Bretagne) et surtout vu que ces dispositions font partie de ce qu’EST l’Union européenne. En fait, il serait plus simple, et à tout prendre moins naïf, de proposer directement (ce qui sera prévu dans le nouveau texte) de sortir de cette dernière. En cas de sortie d’un pays de l’UE, tout est renégociable (si effectivement le droit de sortie est national et non pas réduit à une fiction par un droit de veto du Parlement européen sur toute sortie selon ce que prétendent des juristes eurosceptiques).

Bref, nos économistes font semblant de croire que l’on pourrait changer quelque chose à la liberté de circulation des capitaux ou à la liberté d’établissement. J’espère qu’ils ne sont pas assez naïfs pour croire une chose pareille.

Pour ma part, je pense que seul un désastre majeur (attaque terroriste nucléaire, chimique ou bactériologique, écroulement de l’économie d’un grand pays, émeutes de la faim, défaite militaire par exemple) pourrait modifier ces règles fondatrices de l’Union européenne. L’écroulement du système financier parait lui bien peu probable, justement parce que les autorités économiques savent qu’il faut l’éviter à tout prix. Le contribuable paiera comme pour le Crédit Lyonnais il y a quelques années, on nationalisera si nécessaire (cf. le cas de la Northern Rock), et alors?

Au pire, si le système financier devenait vraiment fou, on trouvera toujours une exception dans le droit européen pour préserver l’essentiel sans modifier les règles de la libre circulation des capitaux. En somme, il sera plus facile de faire ce que demandent les économistes que de changer les textes fondateurs de l’Union.

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