« Partito di lotta e di governo »

Cette expression « Partito di lotta e di governo » (Parti de lutte et de gouvernement) , qu’on attribua jadis au PCI, m’est revenue à l’esprit face aux résultats. En ayant les données définitives, la victoire de la « Ligue Nord » à droite, celle d' »Italie des valeurs » au centre-gauche, et la défaite de « Gauche arc-en-ciel » à gauche s’inscrit dans cette contradiction : comment être à la fois au pouvoir et exprimer les demandes populaires de manière radicale? La trés nette défaite du cartel de la « gauche de la gauche » ressort de cette contradiction; cela ressemble aux défaites du PCF aprés toutes ses participations au gouvernement, qui ont marqué les étapes successives de son déclin. En revanche, Idv (Italie des valeurs) était au gouvernement en 2006-08, mais Antonio Di Pietro son leader n’avait de cesse de se quereller publiquement avec le ministre de la Justice, Clemente Mastella, de l’UDEUR. Ce même ministre qui a fini par appuyer (fort mal à propos) sur le « feu nucléaire » de la défiance et qui a de fait détruit ce gouvernement de coalition. Clemente Mastella n’a même pas pu se présenter aux élections faute de trouver un allié, les partenaires de la gauche de la coalition de l’Union (autre nom de l’Olivier) ont payé l’addition, mais IdV gagne des voix (un quasi-doublement) et des élus. A. Di Pietro a réussi à être « de lutte et de gouvernement ». Pas les partis de la « Gauche arc-en-ciel », auquel tout le monde attribue la failblesse du gouvernement Prodi II. La LN triomphe aujourd’hui, elle retrouve sa grande géographie de 1992, elle est trés présente dans ses bastions lombards, venètes, mais elle se répand de nouveau dans tout le nord, y compris dans les régions rouges. C’est extraordinaire, pour un parti qui était groupusculaire au sud du Po depuis des années, de dépasser régulièrement les 5% des voix. Le succès est aussi étonnant dans les grandes villes du nord, ou plutôt dans les quartiers populaires des grandes villes. Bref, la Ligue Nord ne pouvait guère faire mieux, presque tous les gains en voix de la coalition gagnante vont vers elle et son alter ego sudiste, « Le Mouvement pour les Autonomies ». Par contre, elle est confrontée dès maintenant à l’articulation entre le fait d’être au gouvernement et celui de représenter les instances populaires quel qu’elles soient. Par exemple, à en croire la presse pro-Pdl, le problème des « Roms » a été décisif. Peut-être, mais je doute fort dans un contexte européen que le gouvernement italien puisse faire quoi que ce soit. Le gouvernement roumain a déjà négocié avec le gouvernement Prodi une meilleure collaboration sur ce point, à la suite d’un meurtre particulièrement horrible, meurtre qui avait donné l’occasion à W. Veltroni, alors encore maire de Rome, de « faire son xénophobe ». Sur ce problème « Rom », je doute qu’une efficacité à court terme quelconque puisse être atteinte, sans piétiner d’une façon ou d’une autre les droits de l’Homme et le droit européen. En somme, les dirigeants de la Ligue Nord sont programmés pour perdre les prochaines élections nationales, mais comme ils le savent sans doute….

Dès l’année prochaine, il y a des élections européennes. On devrait voir un effet de ces considérations. Si le mode de scrutin reste le même, une proportionnelle intégrale sans seuil minimum, tous les petits partis qui ont perdu aujourd’hui vont tenter de « se refaire », et les partis de gouvernement devrait être « sanctionnés » – dont tout particulièrement la « Ligue du nord ».

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