Attali, le retour (par la gauche).

Un de mes premiers post s’en prenait à la capacité « camaléontique » de Jacques Attali. Et le voilà qui vient d’en refaire la démonstration ce matin dans le « 7-9 » de France-Inter. A suivre son discours, on pouvait avoir un résumé de toutes les explications (il y trois mois de gauche, sinon de « gauche de la gauche ») de la crise financière actuelle. J. Attali a visiblement fait une mise à niveau express via la lecture des mêmes journaux que moi (Libération, le Monde, voire Alternatives économiques). J’ai beaucoup apprécié en particulier que notre « homme bon pour toutes les saisons » pontifie sur le fait que la crise résultait d’une profonde modification de la répartition des revenus entre capital et travail aux Etats-Unis depuis 30 ans qu’avait compensé une extension du crédit aux salariés-consommateurs – venant d’un conseiller du Président de la République qui a engagé la même politique en France dans les années 1980, cela ne manque pas de sel.   J’ai beaucoup apprécié aussi tout le laïus sur la finance presque nécessairement folle, et la comparaison (misérabiliste) entre les milliards évaporés dans la finance et les mêmes milliards utilisés à bon escient dans la micro-finance (par devinez qui? J. Attali himself!). J’ai carrèment failli avoir une crise de rire en entendant le personnage demander que les beaux esprits n’allent plus perdre leur temps dans la haute finance – dont, certes, l’enseignement n’est pas un « crime contre l’Humanité », ce qu’aurait dit un ancien Premier Ministre socialiste – , mais doit redevenir « ennuyeuse » et donc peu attirante pour la jeunesse (brillante, issue de nos Grandes Ecoles, je suppose) – le tout venant de l’ancien responsable d’une banque qui devait sauver l’Europe de l’Est de la misère communiste sans trop perdre d’argent. Toutes ces considérations gauchisantes furent quand même parsemées de quelques points de vue plus en cohérence avec ceux de l’auteur du rapport sur la croissance française. Nous ne sommes donc qu’au début du virage.  J’attends avec délectation la justification du passage au « socialisme dans un seul pays », à l' »autre politique », au cas où vraiment cela irait vraiment mal (ce qui est quand même peu probable). En tout cas, ce futur (ancien) libéral ne semble percevoir aucun lien entre ce qui advient dans le monde capitaliste et les positions qu’il a défendu jadis (enfin jusqu’il y a trois mois). C’est magnifique une girouette si bien huilée. Jeunes gens admirez!

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