Querelle de famille et journalisme de référence

Grâce à deux articles de Sylvia Zappi, publiés dans le Monde du jeudi 12 mars 2009, le grand public est informé de la querelle en cours, parait-il, au sein du CEVIPOF (Centre d’étude de la vie politique française). Celle-ci aurait déclenché le départ d’une bonne partie des effectifs de chercheurs vers le centre d’à côté, si j’ose dire, le Centre d’études européennes de Science Po.

Cette querelle, s’il y a querelle il y a, est présentée sous deux angles différents dans deux articles juxtaposés de cette journaliste : l’un au titre pour le moins pompeux,  « Comment étudier la politique aujourd’hui? » nous fait le récit d’un débat tout théorique et éthéré entre deux visions du monde ou peu s’en faut,  opposant la « vieille garde » et une « jeune garde » (enfin vu certains noms cités, surtout jeune par l’esprit!); l’autre publié juste en dessous, « A la tête du centre depuis 1992, Pascal Perrineau n’a pas pu éviter la crise », qui nous narre la chose sous un angle assez différent, à savoir de la querelle de personnes, promptement résolue par une direction magnanime de la FNSP connaissant sur le bout des doigts les pathologies des chercheurs (« Les phénomènes de scissiparité sont fréquents », aurait déclaré Jean-Claude Casanova).On dirait que la journaliste a hésité entre une vision « haute » et une vision « basse » du conflit sans oser se résoudre pour l’une ou l’autre interprétation!

Je ne suis pas assez nombriliste toutefois (encore que…) pour ne pas me rendre compte  tout d’abord que consacrer une demi-page du Monde en temps de restriction de pagination à ce « fait » et à ses « interprétations »,  en pleine crise économique et sociale, n’apportera rien à la compréhension du monde au lecteur.

Encore ces articles auraient-ils été cohérents et bien vus… Le premier tend à nous narrer un conflit des Anciens et des Modernes, où la divergence de conception serait totale. Sur le fond, ce n’est pas si clair que cela : le directeur du Cevipof,  P. Perrineau, aurait dit vouloir revenir aux bases  de la vie politique (partis, vote, institutions) et de son explication (le « contexte géographique » et les « données réelles », qu’est-ce que c’est????? Jamais entendu parler de toute ma vie! Une invention journalistique?), « stigmatisant la tendance passée au ‘sociologisme’ et ses ‘variables lourdes' »(toujours selon la citation qu’on lui attribue). Les positions des uns et des autres, telles qu’elles sont rapportées, paraissent si caricaturales au regard de leurs écrits  respectifs qu’on peut douter que le conflit qui les oppose soit ici bien expliqué. De fait, en voyant les noms cités (avec N. Mayer et G. Grunberg, cités parmi les dissidents!), je ne suis pas si sûr que nous ayons là affaire à deux visions de l’explication de la politique si différentes, sans vouloir offenser ainsi qui ce soit. On se situe tout de même au sein du même « paradigme » de la science politique « normale ». Les partants ne sont ni J. Rancière ni A. Badiou! Le directeur n’en est sans doute pas resté à A. Siegfried!

Le second article sur l’usure du pouvoir du directeur actuel paraît  lui plus cohérent en somme, encore qu’une explication par le positionnement politique respectif de P. Perrineau et des partants aurait été une hypothèse à explorer, tout comme le rapport avec le conflit universitaire en cours ou les conditions de la réélection du directeur. On voit poindre par ailleurs dans ce second article deux vrais enjeux : la place de l’académisme et celle de l’Europe. En ce qui concerne le second, P. Perrineau aurait montré peu d’appétit pour la comparaison européenne, j’ai là encore des doutes sur l’exactitude de l’information, n’a-t-il pas dirigé un livre de comparaison européenne sur les extrêmes droites? Pour le premier qui consiste à accuser P. Perrineau de ne plus être scientifiquement crédible (via la citation d’una anonyme), l’article retranscrit sans doute fidèlement une tension entre « politologues » et « politistes ». Le politologue désire exister auprés du grand public via les médias de masse (surtout les soirs d’élections…), le politiste lui déclare qu’il renonce au diable médiatique, à ses oeuvres et à ses pompes (sauf exceptions…), et qu’il fait lui de la vraie science, solid as a rock. On remarquera sans être trop sarcastique qu’à ce compte-là, on trouvera quelques solides politologues parmi les partants (Nonna Mayer et Gérarg Grunberg, si l’information donnée par la journaliste sur ce point est correcte), acceuillis par ailleurs dans un centre dirigé par un européaniste, Renaud Dehousse. Or ce dernier a joué un rôle intellectuel important de conseiller scientifique au think tank « Notre Europe » , qui vise par définition à avoir de l’influence sur la vie politique (européenne). Il a d’ailleurs écrit un intéressant ouvrage aprés la séquence référendaire destiné au grand public cultivé. Là encore, la journaliste ne nous informe guère  : on  pourrait plutôt  dire  que la querelle porte sur la manière d’avoir de l’influence, P. Perrineau apparait comme  si j’ose dire « lourdingue », les autres seront plus subtils et désirent le faire sans le dire et peut-être même en se cachant à eux-mêmes qu’ils le désirent!

Au total, j’ai l’impression soit que  Sylvia Zappi n’a pas compris grand chose  à la querelle et qu’elle a voulu écrire ces articles pour montrer qu’elle peut dominer  en décrivant les conflits qui le traversent ce milieu d’intellectuels qui la dépasse de loin en subtilité (et c’est totalement raté!), soit qu’elle a écrit cela dans le cadre d’une embrouille de peu d’intérêt où elle croit servir quelque but qui m’échappe (enfin là c’est un avis de provincial!).

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9 réponses à “Querelle de famille et journalisme de référence

  1. Il est vrai qu’on se demande un peu pourquoi le Monde a donné tant d’importance à cette scission du Cevipof (il y a même un dessin !). Mais surtout ce qui frappe, c’est le contenu des deux articles. Je souhaite bien du courage à un public non averti (le lectorat « ordinaire » du Monde) pour comprendre où veut en venir la journaliste, et pour démêler les tenants et les aboutissants de cette affaire, ô combien passionnante et nombriliste…

    Commençons par l’article intitulé assez pompeusement : « Comment étudier la politique aujourd’hui ? », avec ce très beau passage introductif plein de points d’interrogation : « faut-il perpétuer une analyse classique des résultats électoraux et de la vie des partis politiques alors que la désaffection citoyenne les frappe durement ? Ou doit-on passer à une conception plus large des mécanismes de politisation par un croisement des données électorales, de leurs bases sociologiques ? ». Tout d’abord en quoi la désaffection citoyenne qui frapperait le politique (c’est balancé comme une évidence…) rendrait sans intérêt l’étude de la vie des partis politiques ou l’analyse « classique » (qu’est ce que ce terme cache ?) des résultats électoraux ? On ne voit pas vraiment, mais bon. Ensuite, en quoi l’étude des partis et des élections est-elle incompatible avec l’étude des mécanismes de politisation via un croisement des données électorales et des bases sociologiques ? Si je voulais être sarcastique, j’ajouterais que le recoupement des « données électorales » et « des bases sociologiques » fait partie du B.a.-ba de l’analyse des résultats électoraux depuis Siegfried…

    Bref, dès le début de l’article, ça part très très fort…

    Mais la suite est pas mal non plus, avec la description des « deux camps » : « Les premiers, emmenés par le directeur, souhaitent recentrer les travaux des équipes sur le quantitatif, les résultats des élections et leurs commentaires ; les seconds veulent élargir le champ de recherche du centre aux variables explicatives du vote. Ils insistent sur la prise en compte des histoires familiales, de l’ancrage social par le biais notamment d’enquêtes qualitatives. Ils entendent faire la part belle à de nouvelles approches et étudier l’influence des politiques menées sur le comportement politique des électeurs ». Donc si l’on suit la journaliste, s’intéresser aux variables explicatives du vote s’opposerait à l’étude quantitative des résultats d’une élection et ne reposerait que du qualitatif ? Hum… je ne savais pas que tous les partants étaient des qualitativistes forcenés… De plus je me demande ce qu’a bien pu faire le Cevipof depuis 30 ans si ce n’est étudier les variables explicatives du vote…

    De même, pour analyser les évolutions électorales et le sens d’une élection, l’analyse du lien entre comportement des électeurs et politiques publiques serait, à lire l’article, sans pertinence ? Mince, mais alors que va-t-on faire de tous ces jolis modèles expliquant le résultat d’une élection par un vote sanction contre une politique menée ou par un vote sur enjeu ? Sans doute n’est-il pas possible de faire un lien entre le résultat de Le Pen en 2007 et la politique menée par Nicolas Sarkozy lors de ces deux passages au Ministère de l’intérieur… Quant à l’ancrage social de l’électorat, je suppose que c’est là aussi hors de propos pour analyser les résultats d’une élection ou pour comprendre, par exemple au hasard, la fin du vote de classe ouvrier qui explique quand même bien des résultats d’élections depuis une dizaine d’année…

    Je passe sur la tarte à la crème de la crise du politique dont on ne voit pas vraiment ce qu’elle vient faire dans cet article. Mais bon cela permet de dire que « Les sciences politiques ont dû s’ouvrir à d’autres manifestations et phénomènes politiques ». Euh, et elle entend quoi par « autres manifestations et phénomènes politiques » ? Mystère…

    Vient ensuite cette jolie interrogation : « Y a-t-il une autonomie réelle du politique, objet en soi de recherche ? ». Là encore on se demande ce que cette réflexion sur la légitimité de la science politique vient faire là…

    Bon je passe sur la citation de Pascal Perrineau sur laquelle il y a déjà eu des remarques de votre part…

    Un mot simplement sur les propos rapportés de Nonna Mayer. En gros, ces propos sous-entendent que « l’autre camp » ne connaît pas les travaux de l’école du Michigan, l’une des pierres angulaires de la science politique américaine et donc internationale… On comprend tout de suite mieux que l’ambiance soit mauvaise là-bas. Finalement il y a du contenu informatif dans cet article…

    Et puis enfin cette citation finale définitive qui conclut l’article dans un feu d’artifice : « Le rapport entre les réformes, l’évolution du système politique et la lutte pour le pouvoir demeure un impensé ». Là encore on ne voit pas où la citation veut en venir et en quoi elle permet de comprendre la crise du cevipof…

    Bref, pour en finir sur cet article au combien flou et brouillon mâchant et remâchant les expressions creuses, on finit par comprendre comme vous que ce serait une querelle entre les anciens (« la politique de papa ») et les modernes (qui veulent « élargir », « renouveler », arrêter de « perpétuer », « faire la part belle à de nouvelles approches »). Outre que les modernes ne sont plus tout jeunes, on n’arrive pas à comprendre à la lecture de ce premier article en quoi ils divergent fondamentalement des anciens ? Il est vrai que le second article laisse à penser que les raisons de la scission sont moins d’ordre scientifique que personnels et de rapport au « public » (faut-il ou non aller raconter n’imp, euh informer le grand public dans des médias de masse)… A ce propos on peut regretter que l’on n’explique pas au lecteur pourquoi le Cevipof s’appelle désormais Centre de recherche politique de Sciences po à la suite d’une manœuvre de dissolution-refondation assez osée pour maintenir Pascal Perrineau à sa tête. Cela aurait peut être fait trop d’information d’un coup pour un journal comme Le Monde.

    En fait si l’on veut vraiment trouver des divergences scientifiques dans ce que nous dit le Monde, je pense qu’il faut s’en tenir à l’une des seules bonnes questions posée par le premier article de Sylvia Zappi : faut-il s’intéresser aux électeurs ou aux élections ? La réponse logique serait les deux, mais, comme on me le faisait remarquer récemment, quand on entre dans l’analyse par le prisme des « élections », on en arrive inévitablement à se poser la question des « électeurs ». Se demander qui a gagné, quelles sont les évolutions des rapports de force, implique de s’intéresser aux groupes sociaux et aux électeurs, à ceux qui ont voté. Par contre l’approche par « l’électeur » (se demander pourquoi tel ou tel individu vote pour telle ou telle tendance, si une variable a de l’influence sur le vote) n’implique pas forcement de savoir quelles en sont les conséquences sur les rapports de force électoraux. Néanmoins cela n’a pas empêché l’école du Michigan de commencer à étudier l’électeur (The American Voter) afin de se pencher sur les élections (Elections and the Political Order).

  2. @ SL : merci de pointer sur d’autres exemples que les miens les incohérences de ces deux articles.

    Pour ma part, contrairement à ce que vous laissez entendre, je ne crois pas à l’hypothèse des « anciens » contre les « modernes », mais je pense par contre que c’est là ce qu’un lecteur ne peut que conclure à tort face aux (dés)informations qu’on lui propose ici. C’est en fait la seule grille d’analyse un peu compréhensible que S. Z. nous propose. Le petit dessin qui accompagne les deux articles me semble aller dans ce même sens.

  3. Un article des Echos me semble proposer une explication moins verbeuse et plus réaliste de la crise au Cevipof que cet article grotesque du Monde qui essaie de nous refaire un débat tranché depuis 50 ans par la science politique américaine.
    http://www.lesechos.fr/info/france/4841455-crise-au-cevipof-14-chercheurs-claquent-la-porte.htm

  4. Même impression d’ensemble à lecture de cette quasi-page consacrée à un sujet dont même les très concernés lecteurs du Monde se foutent royalement – j’ai fait un « sondage de proximité » qui ne laisse aucun doute sur le sujet…

    Même impression sur l’hésitation entre les lectures du choc des titans du CEVIPOF par la journaliste qui visiblement a répété des choses qu’on lui a dites sans trop comprendre les enjeux implicites : nulle mention de la querelle pourtant judiciarisée et donc publique entre Perrineau et Filleule, nulle allusion même en passant aux orientations politiques des uns et des autres qui expliquent tout de même pas mal de choses, pas plus que de mise en perspective de cet épisode grandiose avec le contexte actuel de l’enseignement supérieur et de la recherche… Et, last but not least, pas un mot sur la querelle de succession éventuelle à la tête de ce centre de recherches en même temps que de pouvoir dans la discipline.

    Carton plein donc pour Sylvia Zappi plus à l’aise lorsqu’elle traite (traitait ?) des méandres de l’extrême-gauche.

    Bon, et puis décidément, Le Monde… ne s’arrange pas.

    Encore bravo donc pour ce post ! As usual…

  5. Je suis assez d’accord avec votre réponse à SL pour dire que ce n’est pas une querelle entre les « anciens » contre les « modernes ». Le problème est, d’après moi, à la fois plus profond et plus superficiel.

    Plus profond, parce que ce que cette « scissiparité » révèle, ce sont deux logiques différentes sur la recherche en science politique.
    La première est défendue par Pascal Perrineau (PP) et quelques rares autres, très axée sur l’analyse politique, le commentaire, l’analyse des résultats électoraux dans la tradition goguelienne et siegfriedienne qu’il incarne au Cevipof. On ne cherche pas à aller très loin dans la recherche des causes des résultats des élections, en tout cas pas plus loin qu’une analyse sur le tempérament des électeurs qui voteraient de telle façon parce que tel candidat était plus charismatique, avait fait une meilleure campagne, etc. Faisons donc fi des explications sociologisantes, des permanences électorales ; ne parlons pas (et ne lisons pas les travaux sur) des réalignements électoraux, ne citons pas les résultats de travaux contemporains. Ce qui nous donne les Chroniques électorales du Cevipof depuis 40 ans.
    La seconde, c’est celle défendue par les futurs « partants » du Cevipof, celle de l’insertion de la recherche dans les réseaux internationaux – enfin… l’international s’arrête aux pays où se « fait » la science politique, soit les pays anglo-saxons –, ce qui implique de lire, de citer et de se situer dans ce qui s’écrit sur notre sujet. Ceux-là cherchent donc à comprendre pourquoi l’électeur vote comme il vote, ce qui a pu l’influencer, etc. Et donc, on ressort les travaux de Michigan, les approches sur l’électeur rationnel, etc. On s’appuie sur les grandes enquêtes électorales menées avant les élections, et donc le Cevipof s’est fait une spécialité depuis 30 ans – sans un soutien particulièrement actif de PP, au demeurant.
    Je dirais donc que nous voyons bien là deux conceptions de la recherche : la première met l’accent sur des savoirs facilement et rapidement mobilisables pour comprendre le présent – ce qui fait douter de sa qualité scientifique – quand le second veut placer ses réflexions dans un ensemble de savoir académique, une recherche « pure ».

    Plus superficiel, parce que ce conflit de fond s’est aussi transformé en conflit de personnes sur la personnalité du directeur. Ces articles sous-informés parus dans le prétendu « journal de référence » de la presse française apportent au moins une information à ceux qui ne connaissent rien à cette affaire : c’est qu’à la fin, le conflit s’est focalisé sur le directeur et son style de direction. SL a raison de souligner que le faux changement de statut du Cevipof (devenu en 2004 le « Centre de recherches politiques de Sciences po » tout en conservant son acronyme, avec statut d’UMR) ne semblait avoir pour seul but que de maintenir PP à sa tête. C’était là un des points de crispation entre les futurs « partants » et le directeur. Alors, le fait qu’il demande une fois de plus sa reconduction en 2008 a mis le feu aux poudres. Un autre gros reproche adressé à PP était sa totale indifférence aux politiques publiques, pourtant la sous-discipline la plus dynamique de la science politique française aujourd’hui et celle qui apporte le plus de contrats à son labo. Les prochains recrutements du Cevipof devaient ainsi se faire sur des postes en sociologie politique et en théorie politique… Or, le pôle de politiques publiques compte des chercheurs parmi les meilleurs et les plus productifs dans le pays. Cela prédit un gros trou dans le prochain rapport à quatre ans !

    Et, d’après ce que j’ai compris, l’ambiance est devenue délétère dans ce labo. Cela a pu se relâcher quand les « partants » ont obtenu leur transfert dans un autre labo de Sciences po. Mais les articles du Monde ont de nouveau plombé l’atmosphère. Surtout que les « restants » (dont un de nos anciens collègues grenoblois) n’ont pas du tout apprécié d’être dépeints comme des passéistes qui ne connaissent même pas et n’utilisent pas les travaux de Michigan, « l’entonnoir politique », les variables lourdes, etc., et – c’est un scoop – vont publier très prochainement une réponse qui s’annonce très sèche dans le même journal. Je ne vous raconte pas l’ambiance qu’il doit y avoir en ce moment dans les couloirs du 98, rue de l’Université… Quand on voit à la vitesse à laquelle a été changé le site Internet du Cevipof, où les « partants » ont tout simplement été effacés de « l’équipe » la semaine dernière, ainsi que toute référence aux politiques publiques, on imagine vite à quel point le désir de les voir partir est grand.

    Je ne sais même pas si cela vaut la peine (prétérition) de revenir sur les consternants propos d’un autre représentant du premier courant de « recherche » parus dans Les Echos jeudi, assimilant le conflit à un conflit idéologique entre partisans et opposants à la constitution européenne. Une fois de plus, on se demande sur quoi il base ses propos, sans doute sur des discussions autour de la machine à café dans l’émission d’Yves Calvi. Parmi les partants, une très large majorité a sans aucun doute voté oui à la constitution, alors qu’il existe des restants qui ont voté non. De toute façon, ça n’a aucun rapport, comme toujours.

    Ce nouvel épisode qui ne méritait vraiment pas une demi-page de journal, même pas un entrefilet, pourrait à la rigueur reposer la question de l’intervention des politistes/politologues dans les médias. Il y avait eu quelques échanges de mails à ce propos sur la liste ANCMSP il y a peu au moment où le procès intenté à vous-savez-qui par PP s’était déroulé. Mais là encore, comme vous le soulignez, les « partants » ne sont pas blancs comme neige, et interviennent régulièrement dans les médias avec des propos pas toujours très « scientifiques ».

    Bon, je vais stopper là, ou sinon ma réaction va devenir aussi longue que vos billets.

    Merci pour votre blog.

    DP

  6. L’article fait vraiment de la peine, surtout en comparaison aux nombreux articles de vulgarisation disponibles en ce moment aux États-Unis, suite à l’élection présidentielle (par exemple, le texte d’Andrew Perrin dans le revue Contexts éditée par l’American Sociological Association est très bien).

  7. @ DP : les réactions longues et argumentées sont ici les bienvenues!

    J’attends du coup avec impatience la réponse courroucée des collègues au salmigondis de la journaliste de référence.

  8. Fidèle du blog

    La suite du feuilleton est enfin disponible. En espérant que le second noyau issu du processus de scissiparité prenne à son tour la plume, pour confirmer que Le Monde s’intéresse plus à ses experts du commentaire politique qu’à l’information de ses lecteurs.

    http://abonnes.lemonde.fr/opinions/article/2009/03/16/le-cevipof-victime-d-un-faux-proces_1168490_3232.html

    PS : au passage, vous noterez le direct asséné à un chercheur partant

  9. Pingback: Premier numéro de l’European Political Science Review | Polit’bistro : des politiques, du café

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