Jacques Julliard, hérétique et relaps.

L’historien Jacques Julliard fait partie de ces intellectuels de la « deuxième gauche » qui ont bercé de leurs prêches érudits et réalistes tant de générations de lecteurs du Nouvel Observateur qu’on ne s’inquiète en général  plus guère de leur doux  babil aussi convenu que répétitif. Ce dernier avait abjuré il y a si longtemps toute ambition radicale ou tout irréalisme collectiviste que, personnellement, nous n’avons pas souvenir de ce temps. Et ne voici pas qu’au détour des pages Rebonds de Libération de ce jour 18 janvier 2010, notre bon Julliard après une longue vie réussie de prêchi-prêcha (et de nombreuses œuvres historiques de quelque valeur) retombe d’un coup dans l’hérésie. Le voici donc relapse! En effet, son texte, intitulé « Vingt thèses pour repartir du pied gauche » semble bien marquer un virage à gauche toute des plus amusants pour qui a suivi ne serait-ce qu’un peu le parcours de l’éditorialiste du Nouvel Obs. Laurent Joffrin lui-même présente le texte qu’il publie avec quelque perplexité (comme s’il se demandait si un tour de passe-passe pareil peut fonctionner – mais, comme disait quelqu’un, plus c’est gros, plus cela peut marcher).

En deux pages, après avoir décrit le capitalisme dans son (terrible) état actuel, le bonhomme Julliard  accuse les syndicats d’avoir capitulé face aux offensives du capital (voir sa septième thèse), constate l’échec de l’Europe comme aurait à peine osé le faire un « noniste » de gauche  il y a seulement quatre ans (voir sa huitième thèse), envoie rien moins que la « deuxième gauche » ad patres pour s’être carrément trompé d’époque (voir sa neuvième thèse), met en joue le social-traitre aux ordres de la ploutocratie financière internationale (sans le nommer toutefois), le ci-devant « représentant de l’establishment financier »(sic), dans lequel tout le monde (y compris Joffrin) aura  facilement reconnu D.S.K. indigne d’être le candidat de la gauche à la présidentielle de 2012 (voir sa 16ième thèse), appelle à un rassemblement à la base sur un front large d’abord syndical (toute ressemblance avec le Front populaire de 1936 n’étant que pure coïncidence, thèse 17 et 18), et conclut pour le coup en majesté en appelant à la « nationalisation au moins partielle des banques « (thèse 19) et au retour de la planification à la française (thèse 20). Rassure-toi tout de même, lecteur social-libéral qui pourrait être parcouru de spasmes ou croirait à un 1er avril avancé, le sieur Julliard n’est pas complètement tombé en hérésie. Quelques allusions aux vertus du marché et de l’Europe devraient toutefois empêcher son texte d’être distribué tel quel aux (rares) militants du comité pour la constitution d’une  section française   de la VIIème Internationale radicale-bolchévik – la seule vraie, camarade, et honte à Pierre Bourdieu, Alain Badiou et autres Slavoj Zizek, tous des penseurs petits bourgeois au regard de notre « Che-Julliard ».

Nationaliser les banques, planifier, avoir une politique industrielle, et pourquoi pas tant qu’à donner dans le lourd, l’historique et le signifiant, « abolir la propriété privée des moyens de production à travers l’établissement de la dictature du prolétariat »? Cela aurait de la gueule. Damnés de la terre, levez-vous! Et mort aux social-fascistes!

On pourrait discuter bien sûr sur la pertinence des thèses proposées sous une forme si péremptoire, mais comment ne pas voir l’immense ridicule de cet appel? Certes, comme la girouette, le très vénérable Jacques Julliard nous indique avec précision la direction du vent qui souffle, et, en ce sens, il est infiniment utile : la nationalisation des banques et le rétablissement du primat de l’orientation politique sur la spontanéité du marché, je n’aurais pas cru en entendre reparler  dans un journal comme Libération de mon vivant.  J’attends Alain Minc prônant dans l’Express le rétablissement de la progressivité de l’impôt au nom de l’égalité et Serge Dassault faisant dans Valeurs actuelles l’éloge de l’I.S.F. au nom de la fraternité. J’espère que ceux-là au moins auront eux la décence de camper sur leurs positions, de s’y faire fusiller sur place s’il le faut.

Monsieur Jacques Julliard, vous avez choisi votre camp depuis au moins un quart de siècle,  vous en avez tiré tous les profits possibles et imaginables en tant qu’intellectuel médiatisé/tique, restez-lui fidèle. Si ce camp (la « deuxième gauche ») a mené la gauche, ses partis et ses syndicats, au désastre, assumez vos responsabilités – c’est ce qui manque à votre texte si vous tenez tant à faire gauche à l’ancienne, une bonne vieille autocritique publique devant les instances du Parti, ou encore si vous vous rappelez votre appartenance à la gauche social-chrétienne, proposez-nous une confession publique de vos péchés, et retirez-vous ensuite au couvent.  Assumez non pas, en faisant comme si vous étiez en droit de donner des leçons à qui ce soit, mais en disparaissant de notre horizon. Profitez de votre retraite, et bonjour chez vous. Je conçois fort bien que vous ayez envie de continuer à occuper le devant de la scène, mais la saison a changé. Vous changez de costume et vous croyez que les badauds n’y verront que du feu, mais ne voyez-vous le comique de votre démarche? Vous n’êtes pas Victor Hugo devenant républicain sur ces vieux jours. N. Sarkozy vous a encore nommé il y a peu dans un Comité théodule, serait-il donc si sot qu’il ne sait voir en vous le nouveau Lénine? Voulez-vous vraiment finir dans la nouvelle édition du Dictionnaire des girouettes? Et que l’on cite à votre propos la phrase du Général De Gaulle sur la vieillesse?

De fait une des premières mesures que la gauche ou l’opposition en général doit appliquer pour aller de l’avant, c’est de ne plus prêter aucune attention à toutes les voix autorisées qui l’ont mené là où elle se trouve. L’une des caractéristiques les plus étonnantes de notre époque, pourtant saturée de documentation grâce à Internet, c’est cette capacité de certains à se renier, à faire preuve de cette belle incohérence qu’on attribue ensuite à l’intelligence de la situation.

Ps. Pour bien mesurer le « chemin de Damas » de notre bon Julliard, on rappellera sa place dans l’espace intellectuel français lors des affrontements de la fin de l’année 1995 (cf. J Duval, C. Gaubert, F. Lebaron, D. Marchetti, F. Pavis, Le « décembre » des intellectuels français, Paris : Raisons d’agir, 1998, petit livre qui vieillit bien), et on se  remémorera de ses positions en mai 2005 sur lequelles J. Julliard lui-même revient en septembre 2005 dans un entretien avec la revue Médias. Quatre ans plus tard, il a dû se fatiguer d’avoir raison tout seul contre le peuple…

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16 réponses à “Jacques Julliard, hérétique et relaps.

  1. Bonsoir M. Bouillaud,
    je suis bien évidemment d’accord avec vous sur toute la ligne (la suite a été censurée par le titulaire du blog).

    Ps. Bonne continuation avec ce blog, j’apprécie en particulier la rubrique « Vie de la discipline ».

  2. @ Thomas : merci de votre appréciation, et vous m’avez autorisé d’avance à vous censurer, ne m’en tenez donc pas rigueur.

  3. Sale temps pour les journalistes. Peillon demande la démission d’Arlette Chabot, Bouillaud celle de Julliard. Pour ma part, en ce qui concerne cette profession, j’irai beaucoup plus loin.

    Je vois d’ici nos plumitifs geindre sur leur travail « dans l’urgence », et affirmer, la main sur le cœur, qu’ils ne font que « refléter la réalité », et qu’on les prend comme boucs émissaires d’une conjoncture sombre. Au moins Julliard a-t-il le mérite de dire qu’il éditorialise politiquement, quand tant d’autres le font (mal) et sans le dire.

    Si vous êtes comme moi, chaque jour, à être accablé ou outré des inepties entendues « dans le poste » (parfois agrémentées d’images, ça s’appelle la télévision), évidemment chacun selon sa sensibilité, je vous propose quelques mesures radicales:

    1. Mise à la retraite d’office des journalistes de plus de 60 ans. Pas de travail pour les seniors dans cette branche ! L’appel d’air serait spectaculaire. Et puis ça libèrerait des postes (ayez une pensée pour tous ceux qui auraient rêvé de devenir rédacteur en chef du Nouvel Obs, et voient le patron aller allègrement vers ses 90 ans…).

    2. Envoi immédiat sur les fronts de guerre des bimbos blondes qui présentent les JT sur les chaines d’information continue.

    3. Exigence d’un diplôme dédié minimal pour entrer dans la profession (là, j’ai conscience d’aller trop loin. Le journalisme c’est comme la restauration, il faut que tout le monde puisse se lancer).

    4. Rotation de poste au cours de la carrière : un peu de desk, et puis un peu de terrain (en cas d’envoi sur un terrain guerrier, il y aura au moins la consolation d’y trouver nos bimbos blondes, si tout va bien…).

    5. Licenciement immédiat des journalistes qui n’ont pas lu un ouvrage de science politique, ou de sociologie électorale, depuis des années, mais se targuent quand même de proposer une analyse de résultats d’élection (du type : « c’est le vote de la peur », « c’est le vote de l’espoir », « les Français ont adressé un message », etc.).

    6. Licenciement immédiat des journalistes qui n’ont pas lu un ouvrage d’histoire ou de géographie depuis des années, mais se targuent quand même de vous « expliquer la situation » de telle ou telle région du globe.

    7. Licenciement immédiat des journalistes n’ayant jamais lu un livre (qui donne un chiffre ?).

    8. Momification, puis présentation dans un mausolée au Musée de la presse du XXe siècle, des deux catégories les plus détestables de la profession : ceux qui ont servi la soupe au pouvoir, et ceux qui ont utilisé leur position comme une tribune politique, sans avoir l’air d’y toucher.

    Sur ce.

  4. Je partage votre mordante analyse.
    Mais je vous trouve bien naïf de croire qu’une palinodie puisse déconsidérer qui que ce soit de nos jours…

  5. @ Hervé DF : merci, et surtout merci d’avoir utilisé le très beau mot de « palinodie » dont l’existence même dans la langue française démontre qu’il fut un temps où des gens en étaient si choqués par une telle façon de se comporter qu’ils nommèrent cette attitude.

    @ Emmanuel T. : voilà un programme de réforme bien ambitieux de la profession journalistique, pas très « politiquement correct » toutefois. S’attaquer aux bimbos blondes et les envoyer au front, tu n’as pas honte? Pourquoi pas les livrer en otage aux « fous de Dieu pachtouns » ou à des « pillards haïtiens » tant que tu y es? Je ne m’en prends moi qu’à un « vieux mâle dominant » pour lui proposer de jouir de sa retraite… il n’est même pas journaliste d’ailleurs, mais éditorialiste de longue date.

    Moitié plus sérieusement,moitié en poursuivant sur ton registre, je souscris à toutes tes autres propositions – surtout celles corporatistes (de notre point de vue de praticiens des sciences sociales) consistant à interdire de parler des choses du social et du politique sans rien savoir d’autre que de vagues idées reçues. C’est vrai qu’à force cela fait tout drôle d’entendre certaines choses. Quand j’étais enseignant de lycée, je passais mon temps à faire des correctifs et des démentis. J’ai l’impression qu’on pourrait ajouter pour les journalistes s’occupant d’économie ou de gestion : avoir lu un ouvrage récent d’économie ou de gestion. Suggestion qui m’est venue à lire les réactions de nos collègues économistes sur leurs blogs. Ils se gaussent eux aussi, et de manière bien plus drue que nous. Je suppose qu’on ferait le tour des sciences, on aurait partout le même constat.

    J’espère toutefois que ta réaction ne sera pas lue par nos collègues défenseurs « scientifiques » de la profession journalistique… Qui attaque le journalisme attaque la démocratie, c’est bien connu… Karl Kraus était un totalitaire qui s’ignorait.

  6. Entièrement d’accord avec ce que tu indiques sur les « correctifs et les démentis ». J’ai aussi l’impression de devoir très régulièrement « détricoter » une sorte de pensée commune, qui substitue à l’analyse de science politique ses propres « analyses », macros, massives, répétitives, sans nuances, et souvent politisées.

    Le problème n’est dès lors pas réellement un « discours journalistique », mais la sorte de vulgate journalistique, de lingua franca médiatique, qui fonctionne comme un rouleau compresseur contre lequel il est difficile de lutter, et qui fournit des visions toutes prêtes des phénomènes politiques. C’est aussi une grande machine à fabriquer de la « croyance », et de la croyance auto-entretenue. Croyance aux sondages, au baromètres, aux cotes de popularité, croyance en l’existence nette d’épisodes politiques donnés (au gré du temps, « le premier ministre dans une mauvaise passe », « le président impopulaire », « le retour en grâce de tel ou tel », « le bilan mitigé des 100 jours », etc.), que rien, institutionnellement ou en termes de rapports de force, ne vient étayer concrètement, mais qu’un bon sondage viendra « prouver », bouclant ainsi la boucle. Croyance aussi qu’une analyse politique consiste à dire, sur l’air de la dénonciation outrée, que l’activité politique se réduit à de la communication stérile et factice. Et, enfin, ignorance des mécanismes complexes de décision, des politiques publiques, des règles de droit contraignantes de l’action, des déterminants du vote, etc.

    Non seulement, il m’arrive de détricoter ces manières de voir, mais il m’arrive aussi de m’étonner du scepticisme avec lequel les étudiants accueillent parfois les analyses de science politique de ces mêmes phénomènes. Analyses qui leur paraissent avoir le défaut tragique de ne pas du tout coller avec les analyses dominantes !

    A mon avis, le problème de la prégnance de la vulgate journalistique est double. D’une part, il tient au fait que nombre d’émissions politiques ne confient les analyses politiques qu’à des journalistes (pas toutes cependant, et j’ai souvenir de collègues intervenants à « C dans l’air »), y compris les soirs d’élection (avec là les sondeurs). D’autre part, au fait que nombre de collègues universitaires ne souhaitent pas « aller parler dans le poste », soit parce qu’ils trouvent le média illégitime (« machine à décerveler », etc.), soit surtout faute d’espace médiatique dédié pour ce type de propos !

    En attendant, je vais réfléchir à cette rencontre improbable entre bimbos blondes exilées et fous de Dieu pachtouns…

  7. Encore un fils maudit de la République… Il est dépaysant de lire les torchons affligeants de l’intellectualisme hexagonal dans notre Grande Presse Quotidienne d’Information Généraaaale et de voir que, de l’autre côté de l’Atlantique, dans un pays supposé stupide et dont les médias sont supposés être d’une pauvreté insigne (absence d’éducation, inféodation aux intérêts commerciaux etc.), on peut écouter Keith Olbermann pendant douze minutes à la télévision livrer une analyse incisive, documentée et profondément logique d’une décision de justice récente.

    Je n’ai pas le souvenir d’une analyse aussi exacte dans les journaux français au cours des derniers mois, à l’exception peut-être de la tribune de Todorov dans Le Monde sur la régression en démocratie, qui m’avait marqué (je crois me souvenir que j’en avais parlé en commentaire ici). Quand on me demande la plus grande différence entre mes deux cas d’observation (France/Angleterre), je mentionne immédiatement le journalisme : les médias britanniques ont Tim Garton-Ash, John Kay, nous avons Christophe Barbier, des journalistes économiques niveau SES de seconde, et une flopée d’intellectuels pas très intellectuels. Les exceptions (Éric Dupin) confirmant la règle.

    Aux États-Unis, toujours, on trouve beaucoup de journalistes décortiquant les “sondages” et lisant les blogs de politistes pour en tirer quelque chose de substantiel (cf. l’élection récente, Brown, R-MA : un éditorialiste du “WaPo” se plaignait de la qualité exécrable des sondages SSU – du jamais vu en France, où même les commentaires de France Culture évacuent 75% des données sur cette élection).

    Emmanuel a de bonnes idées de réformes structurelles, mais comme le rédacteur en chef, je ne comprends pas l’acharnement sur les bimbos, qui n’ont finalement rien fait de mal (quoique, je n’en sais rien, je n’ai pas la télévision).

  8. @ Emmanuel T. et Fr. : la mauvaise qualité du journalisme politique en France tient peut-être : a) l’absence de travail un peu sérieux de la part de la plupart des journalistes politiques; b) à l’absence de postes de travail pour des journalistes qui prendraient la politique trop au sérieux et qui sortiraient un tant soit peu de la vulgate ci-dessus citée… Le parcours professionnel d’un Eric Dupin est aussi assez significatif… Il n’est pas directeur d’un grand magazine.

  9. @Fr. Effectivement, ces malheureuses bimbos n’ont rien fait de mal. Elles n’existent que comme symptôme d’un « certain » recrutement de présentateurs et présentatrices. A ceci près qu’une particularité française est que ce sont des « présentateurs » de JT ou d’émissions généralistes, et non des journalistes politiques, qui sont chargés d’interroger les acteurs politiques de premier plan (dans quelques minutes, ce seront Laurence Ferrari, puis Jean-Pierre Pernaut, qui intervieweront et animeront une émission autour du chef de l’État).

    @ Christophe : Il y a bien un problème sur les postes de travail possibles dans une rédaction pour les journalistes politiques. Ils sont pris en tenaille entre justement les présentateurs et les éditorialistes (qui ne peuvent qu’éditorialiser…). Désormais, quels sont les statuts des « services politiques » dans les rédactions des chaînes de télé ? Pourquoi les journalistes qui y sont n’occupent pas de position de premier plan ? Ou mettent des années à percer, comme quelqu’un comme Michaël Darmon sur France 2 ? Pourquoi les chaînes doivent-elles externaliser l’analyse politique à des Alain Duhamel et ne pas s’en charger en interne ? Voilà des sujets sur lesquels nous manquons de travaux…

  10. @ Emmanuel T. : sur l’absence de percée dans les rédactions de l’audiovisuel de « vrais » journalistes politiques, on peut disposer déjà d’une explication externe – l’audience n’est sans doute pas/plus au rendez-vous, de fait le produit « politique un peu sérieuse » ne fait pas vendre du temps de cerveau disponible.

  11. Je dirais même la « politique » tout court. Il faut voir comment hier soir, Marie Drucker, animatrice d’une émission sur la réussite s’est à un moment écrié, mi-indignée mi-paniquée : « Ce n’est pas une émission politique ! ».
    Pourtant il n’y a été question que de phénomènes de reproduction sociale, de fétichisme du diplôme, de réquisitions de logements vides, de politiques des stages, etc.
    Pas de la politique ? Intéressant de voir ce que certains animateurs mettent ou ne mettent pas dans cette catégorie, et comment ils semblent avoir intériorisé des « rubriquages » rigides.

  12. @ Emmanuel T : ces « rubricages » sont aussi des défenses qui évitent d’avoir à rentrer dans l’univers codifié par le CSA de l’expression politique. Si ce n’est pas politique, je fais comme je veux; si c’est politique, ouh, là, là, il faut respecter les règles du pluralisme. Et, puis, surtout, le politique, c’est clivant, ce ne n’est pas fédérateur surtout pour l’image du journaliste-animateur-présentateur…
    En Italie, il existe un ou deux journalistes-animateurs sur la RAI qui font exactement l’inverse de la personne que tu cites… fille par ailleurs, me semble-t-il, d’un vieux routier de la télévision française, lui-même réputé pour son solide « apolitisme ». Ces journalistes-animateurs sont en conflit presque permanent avec la majorité gouvernementale, pas une seule insulte qui ne leur ait été attribuée généreusement par cette dernière (sans compter les procès et autres péripéties juridiques incroyables), ils sont en permanence depuis parfois plus de 10 ans sur le fil du rasoir… ce n’est pas une vie.

  13. Oui, tu as parfaitement raison. C’est encore un effet pervers de ces règles d’équité du temps de parole du CSA. Cela pèse comme une vraie contrainte sur la parole « politique ».
    J’avais demandé un article à un collègue sur ce sujet pour une revue (autour des spots de campagne), mais, hélas, il y a renoncé juste avant la parution du numéro…

    Il y a quelque chose d’équivalent en Italie ?

    PS: Marie Drucker est en fait la nièce de l’animateur. Mais il faut croire que leur apolitisme journalistique est familial !

  14. @ Emmanuel T. : en principe, il y a des règles dites de « par condicio », surtout en campagne électorale, mais certaines chaines s’en moquent éperdument… jusqu’à la caricature (en particulier Rete 4, l’une des chaines de l’empire berlusconien).

  15. Bravo encore une fois (et encore une fois avec grand retard) pour ce ‘post’. Le retour des papys flingueurs de la deuxième gauche – on pourrait ranger dans la même veine bien qu’avec plus de substance, la conversion à la contre-démocratie de Rosanvallon – est le meilleur signe qu’on est en train de changer d’époque. Puisse-t-on aussi changer, à cette occasion, de pères fouettards de la pensée !

  16. @ Laurent Bouvet : espérons que l’on change vite d’époque, nous n’avons qu’une vie!

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