An III du Sarkozysme – Back to Basics encore et toujours.

La troisième année du mandat présidentiel de N. Sarkozy s’annonce quelque peu difficile pour les commentateurs. Nous sommes entrés dans un régime de croisière, où le retour aux éléments de base du scénario devient presque ennuyeux. Un peu d’inventivité que diable!

Notre Président retourne en banlieue – c’est très, très bien – , mais il y annonce fort classiquement qu’on y fera à compter d’aujourd’hui même ce qu’on était censé avoir déjà fait avant-hier sous sa direction … Il nomme certes un « préfet de fer » pour la Seine Saint-Denis, très bien aussi, mais est-ce à dire que le précédent responsable, nommé par la même majorité politique, était un serviteur de l’État peu zélé et plutôt  laxiste?

Notre Président annonce qu’une loi vraiment stricte sur les tenues bien trop habillées pour notre France si tempérée va être votée d’urgence – comme chez nos amis belges pour une fois d’accord entre eux sur un choix de société – , mais le mystère reste entier sur la possibilité qu’une telle loi soit compatible avec les Droits de l’Homme tels que définis par la jurisprudence européenne – sans compter avec une éventuelle réticence en la matière du Conseil constitutionnel. Ne disons rien de son application pratique éventuelle. Cela risque d’osciller entre le vaudeville et Père Ubu.

Notre Président annonce qu’une loi sera votée pour pouvoir suspendre les allocations familiales aux parents des mineurs absentéistes à l’instruction publique. Cette mesure, sorte de serpent de mer de la politique éducative, a déjà été prise dans le passé, guère appliquée, puis aurait été enlevée officiellement il n’y a pas si longtemps, selon d’autres avis, elle existerait encore en fait; remettons-là avec une affirmation parlementaire par la loi, pourquoi pas? Après tout,  ce n’est pas parce que la majorité des chercheurs en science de l’éducation et en sociologie pensent pouvoir en prouver l’inutilité du point de la réussite des élèves concernés, qu’il ne faut pas persister encore et encore. En effet, quoi de mieux pour affaiblir l’autorité parentale que de mettre les parents concernés dans des difficultés économiques pour ceux qui ont essentiellement besoin d’une telle aide publique.  D’ailleurs, selon un sondage, les Français approuvent! Et comme chacun sait, si les Français approuvent…

Attendons la suite, si  l’occasion se présente d’ici peu…. mais elle se présentera : quelque fait divers, quelque acte de terrorisme, quelque catastrophe nationale … et, hop-là, le même scénario [émotion légitime – déclaration radicale – loi d’urgence votée] sera rejoué.

En même temps, s’il s’agit de reconquérir ainsi la partie la plus à droite de son électorat de 2007 (les électeurs sécuritaires et xénophobes), je doute un peu de l’efficacité de la manœuvre.  En effet, à ce stade, il est possible que ces mêmes électeurs veuillent juger sur pièces. Or, pour les satisfaire dans leurs attentes, il faudrait sortir des politiques publiques telles qu’elles évoluent bon an mal an sur leur ère. Pour faire des politiques publiques qui plairaient vraiment aux électeurs de la droite de la droite, il  faut en particulier ne plus respecter ce foutu carcan des droits de l’homme. Selon les avocats, beaucoup a déjà été fait en ce sens depuis 2002. On peut sans aucun doute faire beaucoup mieux, mais on sera bientôt au taquet. Si l’on veut appliquer de manière républicaine une partie de la politique du Front National, on se heurte à la fin aux limites de ce qu’autorise le droit de la République (inséré en plus dans un ordre juridique  international… pas question de rétablir la peine de mort par exemple). Et surtout, à l’autre bout de la majorité présidentielle de 2007, il faudrait penser aussi à ne pas offrir sur un plateau les électeurs modérés de cette dernière à l’opposition.  Pour l’heure, on n’en prend pas le chemin.

Jusqu’ici, ces annonces d’après les élections régionales oublient totalement une autre base du sarkozysme de 2007, le « travailler plus pour gagner plus », la défense des moyens libéraux de l’amélioration du niveau de vie. Certes, on promet d’augmenter enfin la consultation des médecins généralistes à la fin de l’année, certes on nous promet une belle réforme des retraites  à fin de sauvegarder leur niveau, et l’on y prépare l’opinion par des publicités, mais pourquoi, par exemple, ne pas supprimer les 35 heures et revenir aux 40 heures d’avant 1981 au nom de la compétitivité des entreprises et de l’emploi? Pourquoi ne pas remettre sur le tapis l’idée de TVA sociale? Pourquoi ne pas  supprimer la plupart des jours fériés (par exemple au nom de la laïcité)? Ou prendre toute autre mesure susceptible de satisfaire la droite la plus  libérale? Cela nous changerait des topoi sécuritaires.

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