Abracadabrantesque…

Lyon est écrasé de chaleur, je ne supporte pas la chaleur, cela me met de très sale humeur, et, en plus, l’affaire Woerth rejoue un scénario bien connu, cela monte, monte, monte vers celui dont le Nom ne devrait jamais être prononcé en de telles circonstances.  Je n’y trouve qu’une consolation : ainsi que le disait l’économiste Thomas Piketty ce matin sur une radio , comme cela a commencé autour d’une symptomatique histoire d’héritage opposant une plutôt vieille  (la fille) à une très vieille (la mère),  c’est l’occasion d’éclairer d’un jour cru la réalité de la très grande richesse en France. Un(e) capitaliste, ce n’est donc que cela… une vieille dame un peu sourde. (Qu’est-ce que cela donnera quand nous vivrons tous centenaire?)

Pour le reste, par expérience, je parierais que, de toute façon,  celui dont le Nom ne doit pas être prononcé sera sauvé d’une façon ou d’une autre… Le rêve d’un final  estival à la façon Watergate, qui représente sans doute le souhait de quelques « chiens », ne peut  décemment pas se réaliser – ou alors, ce serait un évènement, un « cygne noir », une vraie rupture pour le coup.

D’une part, on se situerait si toutes ces supposées révélations devaient aboutir à quelque chose de consistant sur le plan judiciaire dans l’univers de ce que les criminologues nomment la « criminalité en col blanc »; or, dans ce domaine, apporter la preuve des faits délictueux allégués, pourvu qu’ils  ne soient pas en plus prescrits en plus, est sans aucun doute bien plus difficile que pour toute autre forme de déviance; sans compter le statut particulier du chef de l’État au regard de la justice (dont, pour l’instant, personne ne parle). D’autre part, la Vème République, y compris dans son image internationale, repose bien trop sur la sacralisation de la fonction présidentielle, d’un homme élu par l’ensemble du peuple français (tout au moins par une majorité des votants du second tour), pour que cela finisse en Watergate. En outre, toute cette affaire reste, pour l’heure, confinée à un emballement médiatique; je ne vois pas de signes avant-coureurs d’une « désectorisation » telle que peut la décrire un Michel Dobry dans sa sociologie des crises politiques.  Au moment où j’écris, personne ne se rue pour aller manifester son indignation dans l’espace public de nos villes. Cela fait jaser, cela occupe les Unes, le site Mediapart va remplir son business plan, et c’est une bonne chose pour la presse en ligne, mais pour le reste…

…  tout cela devrait finir au fil de l’été, que Météo-France prédit torride, en « eau de boudin », il est certes à craindre que cela n’avalise encore plus pour certains  électeurs la thèse du « tous pourris », mais il ne faut pas non plus surestimer l’impact de ce genre de scandale sur les orientations politiques des électeurs.

Quoi qu’il en soit, s’il se passe quelque chose d’inédit pour la Vème République cet été, on pourra me citer comme un bel exemple de politiste n’ayant rien vu venir. La chaleur sans doute, mais je plaiderais volontiers coupable.

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