So Much Noise for Nothing..

Quand je pense à l’importance que les journalistes politiques ont attribué à ce fameux changement de gouvernement et quand je découvre comme tout un chacun la dite nouveauté, qui n’est au total, au delà de la valeur juridique de l’événement et du cérémonial parlementaire auquel cela va donner lieu dans les jours à venir, qu’un vaste remaniement, je n’ai qu’une pensée : tout ça pour ça… Laurent de Boissieu a dénombré (bravo à sa rapidité!) les origines partisanes des ministres sur son blog. Résultat : un repli sur les valeurs sûres issues du bon vieux RPR.  On s’en doutait un peu. Place aux « professionnels » (comme l’a dit ce matin sans bien se rendre compte de ce qu’elle disait, la très professionnelle  certes, Ministre de l’économie, Christine Lagarde… autrement dit, qu’il y aurait eu des amateurs dans l’équipe précédente…). Dans cette réconciliation générale, il manque  toutefois Dominique De Villepin himself… pour que la paix des braves  règne de nouveau. Arthur Goldhammer se demande, dubitatif,  s’il s’agit d’une « machine de guerre ».

Il est vrai qu’on pourrait s’étonner de ce repli gouvernemental sur la droite UMP, alors même qu’aux récentes régionales, la défection de l’électeur centriste a été patente (cf. par exemple l’analyse de Florent Gougou et Simon Labouret, « The 2010 French Regional Elections : Transitional Elections in Realignement Era », French Politics, vol. 8, 3, p. 321-341). Évacuer du gouvernement les leaders ayant en principe le plus d’appel sur cette fraction de l’électorat ne parait pas a priori la meilleure manière de reconquérir ce segment de l’électorat – sauf à supposer un jeu compliqué où l’on ferait mine de se fâcher avec le centre-droit (Nouveau Centre, Parti radical, ex-UDF non alignés, etc. )  qui finirait par présenter un candidat (unique si possible…) à la Présidentielle pour se rabibocher ensuite entre le premier et le second tour de la Présidentielle. Plus raisonnablement, le pari semble être que nos braves centristes sont désormais tellement éclatés façon puzzle que le temps qu’ils reprennent leurs esprits, se rassemblent  et se choisissent un  seul candidat, la Présidentielle de 2012 serait passée…  De plus, il ne faut pas négliger le recentrage tout de même à l’œuvre  : le personnel est peut-être moins centriste d’obédience, mais les plus centristes des ex-RPR reviennent en force sur le devant de la scène, avec bien sûr Alain Juppé , et aussi la revalorisation subite du Premier Ministre, François Fillon. On notera aussi que certains changent d’attribution pour calmer le jeu, comme Pierre Lellouche, qui évitera ainsi de continuer sa polémique avec « Bruxelles ». Ouf! De fait,  tout cela m’a un air de déjà vu terrible que ce retour aux valeurs de base d’un gouvernement de droite (républicaine) des vingt dernières années. Fini les incartades façon show business, retour à la solide grisaille qui fait les victoires façon 1978.

Bref, tout cela est raisonnable, pondéré, bien vu et sans bavures, au moins sait-on quelle équipe gouverne la France. Les responsabilités des uns et des autres seront claires en 2012. Le quinquennat apparaitra comme un tout.

Ps. L’intervention présidentielle sur trois chaînes hertziennes à la fois pour expliquer ce remaniement a été à la hauteur de l’événement;  l’amusant dialogue avec les journalistes convoqués au Palais a été des plus révélateur; quant aux mesures sociales annoncées à cette occasion, le cinquième risque de la Sécurité sociale (alias la « dépendance ») en particulier,  est-ce bien le moment de s’occuper de cela? Quelle image cela donne-t-il des priorités politiques au plus haut niveau? J’avais cru comprendre que « les caisses étaient vides »… Séduire et rassurer les vieux (électeurs) est certes un but louable puisqu’ils ne restent plus qu’eux à croire  aux lendemains qui chantent.  Dormez et mourrez, braves gens, nous nous occupons du reste… (même l’éditorialiste du Monde s’en est aperçu, c’est dire!) Nous sommes en pleine crise économique mondiale, avec un chômage élevé, et l’une des dernières grandes réformes de ce quinquennat devrait être de se préoccuper de la « dépendance »…. Mais qui a dit que N. Sarkozy usait et abusait de sondages dans ses prises de décisions?

 

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