D. C. North, J.J. Wallis, B. R. Weingast, Violences et ordres sociaux.

Quand trois poids lourds anglo-saxons des sciences sociales contemporaines se réunissent pour produire en commun un ouvrage qui se propose de concurrencer les classiques du XIXème siècle dans leur ambition théorique, et que ce même ouvrage se trouve être traduit, contrairement aux habitudes  hexagonales, dans un délai rapide en français, je ne peux que me  réjouir, tout au moins dans un premier temps. Un peu de théorisation générale ne peut de fait a priori faire de mal aux sciences politiques françaises (le pluriel est ici de rigueur pour souligner que bien des chapelles y coexistent désormais, et pour ne pas réifier « une » science politique française). De fait, le livre de Douglass C. North, John Joseph Willis et Barry R. Weingast, Violence et ordre sociaux. Un cadre conceptuel pour interpréter l’histoire de l’humanité (Paris : Gallimard, 2010), se propose rien moins que de rendre compte  du développement historique  depuis l’âge néolithique qui a fait passer certaines sociétés humaines de la pauvreté (matérielle) à la richesse  (matérielle) depuis deux cent ans tout au plus, via le miracle (vu de ce point de la très longue durée historique) que représente le capitalisme libéral, et inversement de nous expliquer pourquoi l’adoption de ce dernier comme ultima ratio de l’enrichissement ne va pas de soi encore aujourd’hui dans beaucoup de pays.

La perspective du livre se veut en effet rien moins que grandiose : toute l’histoire de l’humanité depuis la Révolution néolithique (invention de l’agriculture, des villes, de l’écriture, etc.) pourrait être résumée selon les auteurs par quelques concepts. Le texte fleure ainsi bon sa fin du  XIXème siècle/début du XXème siècle,  de ce temps pas si lointain en années où, par exemple, un  Ferdinand Tonnies opposait « Communauté » et « Société ». Comme pour leur illustre prédécesseur (et j’aurais pu citer d’autres dichotomies célèbres en sciences sociales), il existe ainsi selon nos trois auteurs deux formes (idéal-typiques?) d’ordres sociaux depuis moins 10000 ans avant J. -C., qui visent à résoudre le problème fondamental de toute société humaine : la violence (physique)( comme dirait un Hobbes) :

les « ordres naturels » où il existe des « Etats naturels », pour utiliser leur propre terminologie. Ces derniers sont caractérisés par l’existence d’une coalition d’individus, « l’État naturel »,  qui se partagent sur un territoire la domination du reste de la population présente, et ce dans les divers domaines de la vie. Ces individus dominants s’attribuent, ou attribuent à leurs obligés, leurs clients,  des « rentes ». Pour prendre un exemple, ceux qui maitrisent la force physique se mettent d’accord avec ceux qui commercent et ceux qui produisent les biens de salut religieux pour un soutien croisé de leurs monopoles et rentes respectifs, à l’encontre des masses assujetties et de tout nouveau concurrent dans l’un ou l’autre domaine de la vie.  Au total,  la coalition dominante, liée à des individus particuliers, se borne à assurer l’ordre social, à contenir la violence de la société, en établissant un équilibre entre les dominants des différents domaines de la vie (merci Max Weber!), essentiellement par le biais de rentes économiques attribués à chacun. Les auteurs insistent sur le double équilibre politique et économique qui caractérise toute société dans l’ordre naturel. Ceux qui maitrisent la force physique en tirent des avantages en termes de richesses, mais partagent le butin (ou la rente pour être moins clair) avec d’autres dominants (les religieux par exemple). En conséquence, les individus qui veulent développer la richesse matérielle de la société  par les échanges ou la production doivent absolument s’accorder avec ces derniers sans les mettre cause dans leur domination.  Or les  individus dominants déjà là n’ont aucun intérêt à l’émergence de nouveaux acteurs économiques performants, bien au contraire, cela risque de déstabiliser la coalition en place et de provoquer un conflit de réajustement. Ces sociétés d’ordre naturel se caractérisent du coup, selon les auteurs, par la stagnation économique de très longue période : les dominants ne sont pas intéressés par ce que nous appelons le développement économique.  De plus, chaque choc exogène (mauvaises récoltes par exemple) provoque une réorganisation des rapports de force au sein de la coalition dominante plurisectorielle avec le lot de violence qui s’en suit. Enfin comme chaque dominant est une personne particulière, cela  implique de constants conflits de succession.

– les « ordres sociaux d’accès ouvert » correspondent aux sociétés développés d’aujourd’hui. Dans ce cas, l‘État est devenu une institution impersonnelle où la domination, comme dirait Max Weber, s’exerce dans des formes rationnelles-légales. Surtout, et c’est cela selon les auteurs la clé du succès, économique mais pas seulement, de ces sociétés :  dans tous les domaines de la vie, il est désormais possible de créer de manière libre des organisations qui permettent l’action collective des individus et l’ordre interne de ces organisations se trouve largement garanti par l’État. En clair, dans le domaine économique, tout le monde peut créer une entreprise pour exploiter un marché, dans le domaine religieux, tout le monde peut créer une nouvelle offre de biens de salut, dans le domaine politique, tout le monde peut créer partis, associations et groupes d’intérêt pour influer la décision publique. Cette société d’accès ouvert est (bien sûr!) celle qui a permis au capitalisme libéral d’exprimer toutes ses capacités de croissance économique tout en préservant l’ordre social, le contrôle de la violence, via un État bien doté en ressources fiscales. Le lecteur aura peut-être remarqué qu’un domaine de la vie échappe tout de même aux bienfaits de la concurrence, à savoir l’ordre de la violence physique. Les sociétés d’accès ouvert se caractérisent en effet par une monopolisation des moyens de la violence physique par l’État (là encore merci Max Weber!) – à l’inverse des sociétés d’ordre naturel, où les membres de la coalition dominante sont tous dotés de moyens de violence personnels (comme par exemple les grands féodaux ayant chacun leurs armées privées à disposition).

(Le spécialiste d’histoire des idées s’amusera à reconstituer mieux que je ne puis  le faire ici le patchwork que constitue cette dichotomie des auteurs.)

En conséquence de ce schéma, où le développement économique dépend de l’adoption d’un ordre social d’accès ouvert (avec la fin des rentes que cela suppose et l’accès aux bienfaits de la concurrence – explicitement envisagée par les auteurs à la façon de J. A. Schumpeter comme une « destruction créatrice »), la question de recherche des auteurs devient (tout le monde l’aura deviné à ce stade) celle du passage d’une situation à l’autre. La question de la transition en somme. Pour les auteurs, cette dernière est un processus de longue période qui comprend une large part d’aléas. Une grande partie de l’ouvrage est consacré à une sorte de gradation dans la transition : on passerait ainsi d’un « État naturel fragile », à un « État naturel primaire », pour finir par un « Etat naturel mature ». Ces trois étapes (pourquoi trois? ) comporteraient chacune un progrès dans trois dimensions (là encore pourquoi trois?) : un État de droit s’établirait pour  réguler  les relations des élites entre elles; on observerait une pérennisation des organisations publiques et privées, dont l’État lui-même, allant au delà des individus qui occupent les postes dirigeants de ces dernières au fil des décennies (merci Kantorowicz)  ; enfin, une centralisation par l’État du contrôle de la force physique s’établirait. Une fois arrivé au terme de ces évolutions, avec un « État naturel mature » (qui ressemble of course à un État européen du XVII-XVIIIème siècle), la porte serait alors entrouverte pour le passage vers un « ordre social d’accès ouvert ». Pour les auteurs, ce passage décisif (dans ce que d’autres appelleraient la modernité), il faut le dater, dans la partie la plus avancée de l’Occident, seulement de la seconde moitié du XIXème siècle, quand l’État de droit des élites s’étend à tous, quand l’activité de création d’organisations économiques et politiques est libéralisée, quand le contrôle civil des forces armées est pleinement affirmé. Leur périodisation s’avère du coup assez originale : en effet, contrairement aux thèses précédentes qui s’intéressent à l’essor du capitalisme en Occident qui mettent plutôt l’accent sur les XV-XVIIIème siècle (découverte de l’Amérique, prémices de l’industrialisation au Moyen-Age, rôle de l' »État baroque » pour donner quelques exemples), ces auteurs ne font remonter le vrai décollage économique de l’Occident  qu’à la seconde moitié du XIXème siècle (ce qui correspond au triomphe du « libéralisme » entre 1850 et 1890). En effet, pour eux, jusqu’à cette période, l’activité économique reste encore prise dans un jeu éminemment politique d’attribution de droits à opérer une activité économique dans un certain domaine, donc de rentes qui brident la croissance générale. La vraie date à retenir serait pour eux celle à laquelle  la création de sociétés anonymes devient permise sans autorisation dans les différents pays occidentaux.

Comme on le voit, la thèse est des plus ambitieuse, et il faut bien le dire pleine d’une autosatisfaction occidentale qu’on n’ose plus guère de nos jours en français : selon les auteurs, les sociétés d’accès ouvert se caractérisent par une croissance qui ne revient pas longtemps en arrière, car, thème inspiré de Hayek, la liberté dont jouissent tous les individus en leur sein permet d’y prévoir des solutions de secours en cas d’impasse économique temporaire. En plus, selon eux, les sociétés d’accès ouvert seront d’autant plus durables que leurs membres adoptent les croyances correspondantes à son existence. On pourrait d’ailleurs moduler leur thèse en y voyant une  réitération de  la dichotomie entre l’essor d’un capitalisme  rentier, corporatiste, mercantiliste, étatiste, etc., assez commun dans l’histoire universelle, d’une part et celui d’un capitalisme d’accès ouvert, typique du seul Occident d’après 1850 ; seul le second connaitrait une expansion cumulative et pérenne, car lui seul se donne les moyens institutionnels de résister aux chocs exogènes.

Cette analyse à la Hegel, mais sans la téléologie hégélienne, laisse cependant la question actuelle du développement ouverte. En effet, les auteurs disent bien que les Etats naturels ne peuvent être aidés de l’extérieur à évoluer vers la forme d’État d’accès ouvert, tout simplement parce que les rentes des membres de la coalition dominante et celle de leurs clients sont (re)mises en jeu dans toute modification de l’économie et que toute aide, impulsion, injonction extérieures vont être récupérées par la coalition dominante pour stabiliser encore plus leur situation. La conclusion logique d’un tel livre semble bien être qu’il ne sert absolument à rien d’aider de l’extérieur un État naturel à se développer, il faut simplement attendre que les processus internes qui conduiront éventuellement à en faire un État naturel mature se déroulent. Si l’on reprend les exemples historiques proposées (dont la Grande-Bretagne où les bases institutionnelles de la croissance ultérieure partent d’une lente évolution du droit foncier entre la conquête normande et le XVIIIème siècle, cf. chap. III L’État naturel à l’œuvre : le droit foncier anglais, p. 126-173), la patience séculaire semble devoir être de mise. Il est du coup assez piquant que le livre ait été traduit en français sur l’impulsion  du département de recherche de l’Agence française du développement… Nicolas Meisel et Jacques Ould Aoudia, deux chercheurs de l’AFD, ont écrit d’ailleurs la postface à l’ouvrage (p. 413-423), où ils affirment en plein accord avec le contenu de ce dernier : « La primauté à la stabilité de l’ordre social permet ainsi de comprendre pourquoi, en dépit des gages donnés à la communauté internationale, le développement économique et politique n’est pas l’objectif premier des dirigeants des pays pauvres. [je souligne] (…) les insiders (sont) rationnellement rétifs à prendre le risque d’une ouverture d’un ordre social relativement stable qui les constitue comme élites en leur assurant accès au pouvoir et à la richesse. » (p. 420) Dans le fond, le modèle North/Wallis/Weingast  insiste tellement sur le temps long du processus et sur son caractère non-linéaire qu’il suggère de s’abstenir de tout remède, comme cette médecine viennoise du milieu du XIXème siècle qu’un auteur voit à la source de ce même austro-libéralisme dont ils s’inspirent (cf.  William M. Johnson, L’esprit viennois, Paris : PUF, 1985, 1ère édition en anglais, 1972) .

De fait, ce genre de thèse sur les sources du développement (ou plutôt de son absence) prend le contre-pied exact de l’empirisme d’une Esther Duflo, qui refuse de se donner quelque grand théorie que ce soit du développement et a décidé de « tester ce qui marche ». Je ne suis évidemment pas spécialiste de ces questions de développement, mais mon idiosyncrasie de politiste et mes quelques connaissances en histoire me laissent plutôt à penser que North/Wallis/Weingast ont bien sûr raison de souligner le rôle des relations au sein des élites pour engager le développement (cf. par exemple la « Révolution Meiji « ).

Ceci étant, on pourrait objecter que publier un tel livre au moment où la Chine communiste tient les devants de la scène économique mondiale revient à être un peu à contretemps de l’histoire économique… Les auteurs s’inscrivent en faux contre toutes les thèses qui circulent pour affirmer qu’une bonne vieille accumulation primitive avec une bonne vieille contrainte dictatoriale sur les populations, cela peut marcher pour faire décoller un pays pauvre de sa séculaire misère. Ils auraient sans doute beau jeu de préciser que la Chine n’est pas encore un contre-exemple à leur modèle de développement historique dans la mesure où ce dernier prédit qu’en absence d’un ordre social d’accès ouvert, une société ne saurait croitre régulièrement sur la longue durée: en effet, en cas de choc exogène ou de difficultés internes, en raison de la présence d’une coalition interne limitée et bloquée, elle n’arrivera pas à redresser la barre faute de solutions de rechange toute prêtes dans la société. Le décollage économique chinois ne date de fait que d’une vingtaine d’années, donc un choc quelconque  (bienvenu?) peut provoquer un violent retour en arrière. Inversement, les Etats-Unis et l’Occident en général (Japon compris) ne paraissent pas très en forme ces temps-ci, mais ,   grâce au débat ouvert dans la société et à la liberté d’entreprendre en économie, des idées nouvelles finiront par permettre de remettre ces pays sur des sentiers de développement ultérieur (par exemple la « croissance verte »? ) De fait, ce genre de thèse, dans la mesure où elle vise à expliquer une seule histoire universelle en cours, est invérifiable à ce jour. Par contre, si , en 2100, le PCC gouverne toujours la Chine plus ou moins comme aujourd’hui et que cette dernière domine de la tête et des épaules  la planète (une petite chose surchauffée…),  que l’Occident est un souvenir, etc., les auteurs (immortels grâce à la science?) devront toutefois réviser leur thèse, mais, d’ici là, ils auront toujours l’échappatoire de prédire que cela peut très mal finir pour la croissance chinoise, ou d’espérer que la Chine devienne une société d’accès ouvert.

Bien sûr un tel livre devrait donner de l’allergie à 99,9% des spécialistes français de sciences sociales. La thèse s’annonce tellement large que l’historien surtout aura du mal à s’y faire.  Il notera en plus quelques belles erreurs de détail sur le cas français. L’historien de l’économie sera parfois étonné. L’économiste sera frustré de bons vieux modèles économétriques. Le sociologue trouvera cela d’un simplisme affligeant. L’anthropologue se désespérera et ne lira pas plus de vingt pages dans ce livre. En fait, au delà de ces écarts à la norme, ce qui nuira sans doute à la réception de ce livre, c’est qu’il manque paradoxalement de caractère systématique. En effet, les auteurs veulent englober toute l’histoire de l’humanité depuis le Néolithique, tous les régimes, toutes les époques, mais ils se concentrent beaucoup sur certaines périodes qu’ils connaissent bien (le Moyen-Age anglais…).

Personnellement, tant qu’à faire, j’aurais préféré qu’ils jouent complètement le jeu d’une présentation more geometrico de leur modèle . Pour prendre un seul petit exemple, leur conceptualisation donne un rôle important au concept de « rente ». Or la définition qu’ils en donnent se trouve être assez peu éclairante. De même, leur explication se trouve être essentiellement matérialiste, ils insistent beaucoup et sans doute à juste titre sur le double équilibre politique (violence) et économique (production) qui caractérise toute société humaine, et, pourtant, ils ajoutent une vague couche de croyances, qui s’installent et qui pérennisent le système  fermé ou ouvert en place, sans vraiment articuler ces croyances avec le double équilibre qu’ils décrivent (pourtant en partant d’Aristote jusqu’à John Stuart Mill, il y avait de quoi s’inspirer… mais peut-être que le mot idéologie leur fait peur? ) . Au total, on perd son temps de lecture dans des détails plus ou moins exotiques dans le temps et dans l’espace (ah… la mortalité dans un suel lieu du Mexique de l’ère  néolithique à nos jours… pour prouver sur un seul exemple qu’avec l’Etat naturel la violence diminue…) On se trouve ainsi largement frustré d’une théorisation complètement aboutie, et on se prend à rouvrir quelques classiques des sciences sociales pour se consoler en se disant que, décidément, nos gloires académiques d’aujourd’hui ne sont pas à la hauteur de notre histoire.

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6 réponses à “D. C. North, J.J. Wallis, B. R. Weingast, Violences et ordres sociaux.

  1. Bonjour,

    Merci pour cette note de lecture au sujet d’un ouvrage qui avait un titre intéressant mais dont le contenu a l’air pour le moins discutable (décevant ?). On en vient à regretter que ce soit ce livre là qui ait été traduit en français, et non Economic Origins of Dictatorship and Democracy d’Acemoglu et Robinson qui a l’air plus formalisé (youpi !) en plus d’être produit par deux auteurs qui ont une certaine réputation (condition non suffisante toutefois pour produire un ouvrage réussi).

    Deux questions me sont alors apparues, à la lecture de vos propos :

    – Comme vous précisez que le livre a été traduit en français sur l’impulsion du département de recherche de l’Agence française du développement je me demandais si les trois auteurs avaient-ils reçu un soutien (la National Science Foundation, une institution chargée du développement économique, etc.) pour se lancer dans cette analyse ? Ou alors est-ce un projet qui leur tenait à cœur ?

    – Les trois auteurs ont-ils précisé dans quel domaine ils se situaient ou bien le mélange des disciplines qui les caractérisent est un indice suggérant que leur livre concerne les sciences sociales en général ? Donc l’ambition des auteurs et de leur « modèle » se propose-il d’opérer dans les différentes sciences sociales (et désespérer leur représentant respectif, comme vous l’indiquez) ?

  2. @ Mat : effectivement, la traduction de l’ouvrage d’Acemoglu et Robinson aurait été plus intéressante, j’en suis d’autant plus convaincu que j’ai emprunté récemment cet ouvrage à la bibliothèque de mon institut, et que je ne l’ai rendu très en retard qu’à regret…

    Sur les sponsors de l’ouvrage, comme pour tous les universitaires nord-américains, ils remercient les nombreux fonds, bourse, etc., qui les ont aidé à réaliser leur projet (cf. p. 425-427), on notera des remerciements à la Banque mondiale. Malgré ces sponsors, la lecture de l’ouvrage me fait beaucoup plus penser à une ambition interne au jeu académique qu’à quelque « commande » que ce soit. C’est un « projet qui leur tenait à cœur »… au moins vu du point de vue du lecteur que je suis.

    Sur l’ambition, qui concerne les sciences sociales en général, cela ne fait pas l’ombre d’un doute, ils se placent d’emblée dans l’ordre de la « grande théorie » à la Max Weber, à la Marx, ou à la Pareto. Cela peut étonner à notre époque de spécialisation des différentes disciplines, mais ces auteurs pensent pouvoir en rassemblant leurs forces aller au delà de ces limites. Sur le strict plan de la réalisation, cela peut poser problème : il m’a ainsi semblé que les livres cités en référence pour les domaines les moins connus des auteurs venaient tout droit des années 1950-60, c’est à dire du temps de leurs études universitaires.

  3. Désolé d’utiliser ce moyen peu commode, mais c’est le seul que j’ai pour vous remercier de vos réponses à mes questions.

    Passez un bon week-end.

  4. Un rien engagée, votre note de lecture. Le politiquement correct fonctionne toujours aussi bien dans notre « cher vieux pays ».
    Pour ma part, je recommande ce livre.

    • @ democit : que ma note de lecture soit engagée, il ne fait guère de doute là dessus, mais vous vous trompez sur mon niveau de sympathie envers l’ouvrage, ma sympathie reste grande, les auteurs sont sans doute sur la bonne piste, et je n’hésiterais pas à le donner à lire à des étudiants avancés, c’est plutôt de la déception qu’il ne soit pas mieux fait que cela.

      Pour l’accusation de « politiquement correct », c’est sûr que je suis politiquement correct! Tout de monde est « politiquement correct » pour autrui qui n’est pas du même avis…

  5. Merci pour cette note de lecture. Si vous en aviez une sur le Acemoglu et Robinson, elle serait la bienvenue …
    Bien cordialement

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