Primaires socialistes : second tour.

Pas passionnant pour un sou ce second tour des primaires citoyennes. Après les ralliements de tous les concurrents éliminés du premier tour au panache blanc de François Hollande (y compris celui à titre personnel seulement d’Arnaud Montebourg), une victoire de Martine Aubry aurait été plus que surprenante. Il aurait fallu qu’un rejet immense contre F. Hollande de la part du peuple de gauche se lève du tréfonds du pays et  la porte vers la victoire : selon la logique bien connue qui veut qu’au premier tour on choisit, et, au second tour, on élimine. Cela ne s’est pas produit. Les deux candidats ont progressé en voix entre les deux tours, mais le résultat final est pour le moins sans appel (56/44).

Encore une fois, victoire organisationnelle pour le Parti socialiste, victoire pour les sondages, et, sans doute, en perspective défaite probable de la droite en 2012. En effet, malgré la faiblesse de l’enjeu en terme de positionnements politiques entre F. Hollande et M. Aubry, les électeurs ne sont pas démobilisés pour ce second tour. (A moins que l’enjeu ne soit en terme de positionnement, mais en terme de genre du candidat…) La participation frôlerait en effet  les 3 millions de participants. J’ai du mal à ne pas faire le lien entre l’insuccès presque total du mouvement global des « indignés » en France du samedi 15 octobre 2011 et le grand succès de participation de la « primaire citoyenne » du dimanche 16 octobre 2011. Bien qu’il ne soit pas du tout un parti révolutionnaire en quoi que ce soit (s’il l’a jamais été…), le PS semble bien avoir été en mesure d’offrir un moyen institutionnel d’exprimer le mécontentement montant contre le pouvoir en général (pas seulement N. Sarkozy et sa politique).

A ce stade, nous entrons dans une période intéressante. En effet, tous les indicateurs avancés montrent que la majorité actuelle ne peut pas gagner en 2012 l’élection présidentielle. D’une part, le PS et ses alliés ont gagné toutes les élections intermédiaires depuis 2008, jusqu’à faire basculer le Sénat cette année, et le succès en terme de participation des « primaires citoyennes », qui me parait dans la droite ligne de ces élections intermédiaires, montre que le PS ne provoque pas une allergie dans une partie consistante de l’électorat.   D’autre part, la situation économique et sociale ne semble pas du tout encourageante pour l’année 2012. Je ne cesse en effet de lire des diagnostics pessimistes et/ou alarmistes sur l’état de l’économie européenne. Au mieux, l’année 2012 sera celle d’une croissance proche de zéro, au pire, celle d’une rechute dans la récession. Dans les deux cas, même en faisant preuve d’optimisme (avec une croissance à 1,75% en 2012 comme ce que se promet le gouvernement actuel), le chômage de masse va rester le problème irrésolu de la France, et les comptes publics vont s’améliorer (s’ils s’améliorent…) avec une lenteur tout aussi exaspérante. Je lisais par ailleurs que des économistes allemands prédisent d’ores et déjà que la France perdrait la meilleure note (AAA) qu’elle détient encore avec quelques Etats européens dès le début de l’année prochaine…  Sans fétichiser outre mesure ce genre de « notation » par des agences qui ont fait preuve de leur impéritie par ailleurs, un tel événement risque d’être vécu par les faiseurs d’opinion comme un traumatisme national, même si N. Sarkozy pourra toujours dire que ce désastre est dû à des socialistes qui ont refusé de voter sa « règle d’or budgétaire ». Certes, chacun sait aussi que le sommet européen des 23/24 octobre va sauver (une nouvelle fois, et cette fois-ci pour de bon!) l’Euro, et que le sommet du G20 à Cannes (France) va ensuite dans la foulée relancer l’économie mondiale… bon, chacun sait devrait savoir qu’ everything is under control, il reste que, sauf miracle économique d’ici le printemps prochain, N. Sarkozy va affronter l’élection de 2012 avec un lourd bilan économique – tout au moins le bilan qui est perceptible par les citoyens ordinaires. L’argument selon lequel, avec la crise économique, c’est encore pire chez les voisins, selon lequel la vraie austérité, c’est par exemple de diminuer de 20% les salaires des fonctionnaires (et pas simplement de les geler),  ne risque pas de séduire grand monde.

Bref, à ce stade, F. Hollande semble assuré de gagner. Il peut certes  encore faire des gaffes énormes, et, surtout, la proximité de la victoire peut rendre fort déraisonnables les socialistes et leurs alliés, mais il me semble que, rarement, un challenger à l’élection présidentielle a eu autant de cartes en mains à l’automne.

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