A-pic démocratique : un référendum, parbleu!

J’expliquais, il y a quelques jours, à mes étudiants que les dirigeants européens ne voulaient plus entendre parler de référendum sur les questions européennes depuis les désastreuses expériences  en la matière des années 2000. Mes étudiants s’étonnaient de ma ferme conviction sur ce point (fondée sur l’observation des faits et gestes des dirigeants européens depuis 2005). Je dois dire que les dernières quarante-huit heures ont confirmé mes dires au delà même de mes espérances ou de mes craintes. Les premières réactions à l’annonce par le Premier Ministre grec qu’il demanderait l’organisation dans son pays d’une consultation populaire pour avaliser le plan de sauvetage de la semaine dernière (qui ne m’a pas paru par ailleurs fort différent en substance de celui du 21 juillet…) ont été édifiantes. Je ne donnerais pas de noms, mais j’en ai entendu certains divaguer sur l’irresponsabilité foncière des peuples et des électeurs de belle manière. C’est sûr la démocratie, c’est pénible, on doit parfois demander leur avis aux gens ordinaires qui, d’évidence, n’y connaissent rien. Regardez dans quel état sont ces malheureux Suisses avec leurs votations constantes…

La déclaration du Président Sarkozy sur le perron de l’Élysée (apparemment nous n’avons déjà plus les moyens de nous payer un porte-parole…) était un joyau en ce sens : tout en reconnaissant que c’est toujours bien de consulter le peuple (il a dû se rappeler à temps qu’il est le Président d’une Cinquième  République fondée à grands coups de référendums… contre l’odieux « régime des partis ») , la suite de la phrase clé du Président affirmait le contraire en insistant sur les « efforts nécessaires ». En clair : « There is no alternative. »

J’ai lu par ailleurs que les gouvernements français et allemands voudraient pouvoir influer sur la nature et la formulation de la question posée au peuple grec. On croit rêver, on se trouverait là en plein diktat. Si l’on veut avoir le soutien du peuple grec au plan européen, il faut déjà laisser ses institutions fonctionner librement et poser la question jugée idoine en interne. On convoque en plus le Premier Ministre grec à Cannes comme un vassal rétif pour d’évidence lui passer un savon. Et s’il se rebellait? et s’il leur disait leur quatre vérités? On ne sait jamais avec ces gens-là… Il ne manquerait plus qu’il déballe toute l’histoire.

Heureusement, quelques esprits plus fins que les autres, en l’occurrence Pascal Lamy, l’actuel directeur de l’OMC, ont déjà pris soin d’accepter le défi d’un tel référendum au nom même de l’esprit européen. Un Pascal Lamy, qui certes n’est pas actuellement un dirigeant européen, a bien compris qu’il est impossible de faire fi de toute l’armature démocratique qui est censée donner une légitimité aux décisions politiques qui gouvernent la vie des Européens.

Par ailleurs, les dirigeants européens ne devraient pas être si surpris que cela : le Premier Ministre grec avait déjà évoqué l’idée d’un référendum. Pas sur le plan européen de sauvetage certes, mais sur les institutions grecques. Cependant, l’idée était  sans doute la même : lors de sa victoire électorale de 2009, le PASOK n’avait pas reçu mandat du peuple grec de s’atteler à ce qu’on peut – en étant optimiste –  appeler une refondation complète du système économique et social grec. Il a découvert le gouffre financier en arrivant aux affaires. Il a accepté de mettre en place des plans d’austérité à répétition sur les instances de ses partenaires européens, plans qui, d’évidence, sont en train d’entraîner l’économie grecque dans une spirale récessive. On lui demande désormais d’abdiquer (au moins temporairement) une grande part de sa souveraineté en matière économique et sociale avec l’idée d’une présence permanente de surveillants européens/internationaux à Athènes. Il est du coup logique que le Premier Ministre grec cherche à faire approuver son action (douloureuse à court terme) par une (nouvelle) majorité du peuple grec – d’autant plus que la rue est en fureur, les oppositions peu conciliantes, et la presse grecque peu convaincue par son action. Le Premier Ministre grec pourrait certes s’en passer, en se limitant à disposer d’une majorité parlementaire, mais cela veut dire en pratique se diriger vers une fin à la polonaise ou à la hongroise du socialisme grec (autrement dit, moins de 10% des voix à la prochaine élection). Imagine-t-on le Général De Gaulle abandonner l’Algérie sans avoir l’assentiment du peuple français?

De même, le Premier Ministre grec va demander une nouvelle fois la confiance de son Parlement. Quoi de plus normal dans une démocratie représentative en cas de crise majeure? S’il ne passe pas cette épreuve, il faudra bien respecter le procédures démocratiques grecques.

De fait, ce nième rebondissement de la crise grecque devrait surtout signaler aux dirigeants européens qu’ils font totalement fausse route dans leurs choix économiques. On retrouve la bonne vieille conviction de J. M. Keynes selon laquelle ajuster les salaires nominaux à la baisse constitue une opération politiquement dangereuse – car, dans le fond, c’est de cela qu’il s’agit ici, ramener le Grecs à un niveau de salaires  nominaux compatibles avec leur productivité (directement par des baisses de salaires et indirectement par l’action d’un fort taux de chômage sur les prétentions salariales des entrants sur le marché du travail grec) . Il se trouve que cette opération de rétablissement de la compétitivité-prix du pays se passe  d’autant plus mal qu’elle est accompagnée parallèlement d’une hausse de la taxation et d’une persistance de l’inflation à un niveau relativement élevé. C’est trop à supporter pour les Grecs ordinaires.

En voyant ces soubresauts, je me dis que cela commence à ressembler à la situation des années 1970. Le passage du « référentiel » keynésien au « référentiel » néo-libéral en matière de politique économique et sociale ne s’est pas fait quelques petites années. Il a fallu toute une série de troubles économiques et sociaux sur près d’une décennie pour que l’on passe de l’un à l’autre. La Grèce joue dans ce scénario un peu le rôle du Royaume-Uni dans les années 1970 : on y applique des anciennes méthodes (keynésiennes dans les années 1970, néo-libérales dans les années 2010) avec de moins en moins d’efficacité, on persiste dans l’erreur, on évoque (un peu) d’autres voies, on s’approche doucement mais sûrement de troubles politiques graves (dans les années 1970, des rumeurs de coup d’État avaient circulé au Royaume-Uni). On ne souvient pas assez que le passage d’une régulation du capitalisme à une autre prend du temps. Beaucoup de temps à l’échelle d’une vie humaine ordinaire.

En même temps, comme je reste convaincu que les dirigeants européens feront tout pour sauver l’Euro (et leur peau avec! car c’est de cela qu’il s’agit!), ils vont bien finir par trouver la solution : changer de vision économique et sociale. Il est d’ailleurs significatif qu’enfin, des voix se font entendre pour tout simplement faire de la BCE une banque centrale ordinaire, autorisée à refinancer sans limites « ses Etats ». Cela ne va pas être facile, mais je suppose qu’on finira par en arriver là, car je vois mal les dirigeants des grands partis de gouvernement choisir le suicide politique.

Ps 1. Aux dernières nouvelles, le Premier Ministre grec serait acculé par son propre gouvernement et sans doute par son propre parti, le PASOK, à revenir sur son intention de proposer un référendum. Il s’agit sans doute de sauver sa majorité demain à la chambre des députés. Si cela se confirme, l’épisode aura été bref, mais significatif des positions des uns et des autres. Fédéralistes et souverainistes veulent laisser parler le peuple, les intergouvernementalistes qu’il se taise. Configuration intéressante tout de même.

Ps 2. Bien qu’il vienne à peine d’entrer en fonction, Mario Draghi a annoncé une petite baisse du taux d’intérêt de la BCE (0,25%). Ce n’est bien sûr pas sa décision, mais celle du conseil des gouverneurs de la BCE. En tout cas, la passation de pouvoir entre Trichet et Draghi n’a pas imposé de nier plus longtemps la réalité du ralentissement économique. Un (petit) ouf.

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12 réponses à “A-pic démocratique : un référendum, parbleu!

  1. J’ai du mal à comprendre pourquoi les dirigeants européens n’imposent pas à la Grèce de taxer son Église et de diminuer son budget de la défense (aux alentours de 9 milliards je crois)? C’est vrai que de l’autre côté on continue de vendre des missiles et des frégates aux Grecs…
    Les mesures de luttes contre la fraude fiscale mises en place ressemblent plus à du foutage de gueule qu’autre chose. On voit pas mal de reportages sur cette fameuse « cellule » chargée de recevoir les dénonciations citoyennes de fraudeurs : une douzaine de fonctionnaires en T-shirt écrivent les délations sur des bouts de papiers à partir d’appels reçus sur des téléphones empilés les uns sur les autres. Amateurisme total. Puisque les Grecs ont tant de mal avec leurs impôts, pourquoi les Allemands n’envoient pas un bon millier de leurs contrôleurs fiscaux?
    Le gouvernement grec augmente les impôts qui ne seront pas payés, où est l’intérêt?
    Bref, j’ai la désagréable impression que « Merkozy » demande gentiment aux Grecs de résoudre leurs problèmes en urgence, alors qu’ils en sont incapables (ou qu’ils n’en ont pas envie).
    J’espère que les Grecs voteront non au référendum pour qu’on puisse enfin les virer.

    • @ étudiant : vous, vous commencez à avoir une dent contre les Grecs…

      En même temps, en matière de collecte d’impôts, en dehors de l’envie ou de la capacité, c’est surtout une question de temps. On ne peut pas changer les habitudes ainsi. Toutes les études des administrations publiques montrent une forte inertie. Si j’ose dire, cela se sait depuis Tocqueville. C’est pour cela que la stratégie actuelle des Européens est largement erronée. Il faut partir du principe que l’administration fiscale grecque est hors d’état de fonctionner, et même en parachutant mille contrôleurs allemands, cela ne marchera guère plus. Il faut inventer autre chose. Je dois dire que je pense la même chose des investissements européens à faire en Grèce : dans un pays où le grand jeu est la corruption, est-ce bien raisonnable d’injecter plus d’argent dans le BTP, domaine par excellence de la corruption?

  2. Ce qui m’a choqué, voire profondément dégouté, au point de me sentir plus proche des opinions outre-manche est l’édito du Monde du 1er Nov. J’avoue que je n’ai pas lu les autres journaux français. Celui-ci disait en substance dans le titre :« La Grèce dans l’euro : la question se pose » et ensuite
    « En proposant de soumettre au vote populaire le plan européen, M. Papandréou fait un pari fou. […]. M. Papandréou aurait-il alors lancé ce référendum pour obtenir une renégociation du plan européen ? On ne peut pas le croire. Ce n’est pas ainsi que l’Europe doit fonctionner. Le coup d’éclat d’Athènes ouvre, jusqu’à janvier au moins, une nouvelle période d’incertitude, la pire des choses. Et conduit à se demander si la Grèce a bien sa place dans la zone euro. »
    A mettre en perspective avec l’ éditorial du Financial Times (celui du 1er Nov aussi) qui mettait aussi en avant cette notion de risque, mais la mettait en perspective et commençait comme ceci:
    « The fact that both stock markets and his European colleagues have reacted with horror to George Papandreou’s pledge to hold a referendum on the latest rescue deal for Greece is not, in itself, proof that the Greek prime minister has blundered. Months of popular protests are ample proof that the Greek population is having trouble swallowing the bitter medicine that the European Union has prescribed »
    Pas une seule fois, les manifestations et les résistances sociales grecques ne sont mentionnées dans l’éditorial du Monde…vision égoïste et nombriliste, très française et purement scandaleuse. Je passe aussi toute la reprise du vocabulaire de la BCE dans ce même éditorial (le capitaine au pied sur, le navire qui garde le cap dans des eaux tumultueuses) reprises in extenso sans recul dans l’édito. Un journal à l’image du président finalement : réaction évènementielle, mal-informée sans perspective et nombriliste, terrible terrible…
    PS : le ministre des Finances grec à l’hôpital suites à des troubles gastriques liés au stress (et oui, la santé encore) vient d’annoncer son non-support du plan pour le référendum. Le dénouement de la crise viendrait-il du sur-épuisement des organismes et du trop petit nombre de personnes (une centaine à vue de nez) mobilisées dans la traitement de la crise?

    • @ MrMiette : l’éditorial du Monde semble correspondre de très près à la réaction de l’Élysée, peut-être parce qu’il est plus dicté que vous ne le pensez par une relation étroite entre le correspondant de ce journal de référence/révérence? à l’Élysée et le Président.

      Quoi qu’il en soit, j’ai été voir pour ma part du côté allemand, et je me suis rendu compte que je disais la même chose qu’éditorialiste de la très conservatrice FAZ. J’en ai été fort étonné à dire vrai. Ce dernier soulignait qu’un peu de démocratie ne pouvait pas faire de mal au contraire.

      En tout cas, je suis d’accord avec vous que le Monde n’est pas vraiment à la hauteur dans le traitement de cette crise.

  3. Monsieur Bouillaud, on pourrait vous objecter que, si on pousse la logique de la démocratie référendaire jusqu’au bout, il serait logique de réclamer la tenue d’un référendum sur le plan d’aide à la Grèce à l’ensemble des peuples européens, dans la mesure où la réponse des Grecs à ce référendum aurait une incidence sur la situation économique dans l’ensemble de l’Europe. Et pourquoi alors ne pas envisager (chouette ! une couche supplémentaire de démocratie dans ce monde de technocrates !) un référendum des peuples européens sur la tenue du référendum grec ? Vous évoquez de Gaulle et le référendum sur l’Algérie, mais on est ici dans un cas très différent, car le débat sur l’indépendance de l’Algérie était franco-français et ne concernait absolument pas ses voisins européens.

    D’autre part, le fait qu’un Etat voie temporairement une partie de sa souveraineté « confisquée » peut très bien se justifier. Aujourd’hui, la Grèce est jugée temporairement incapable de décider seule de sa politique économique, tout comme, entre 1945 et 1949 (corrigez-moi si je me trompe), l’Allemagne a été considérée incapable de décider seule de sa politique tout court. Auriez-vous été favorable à l’idée d’un référendum qui aurait permis aux Allemands de se prononcer pour ou contre le plan Marshall ? Vous allez me dire que l’exemple est extrême, mais il s’agit dans les deux cas d’une mise sous tutelle causée par un constat d’urgence lui même né de bêtises faites par les gouvernements nationaux et ayant causées des dégâts collatéraux sur les voisins (certes infiniment supérieurs dans le cas de l’Allemagne).

    • @ Clément : il n’est pas nécessaire de demander aux autres peuples de s’exprimer tant que les dépenses (ou les garanties données) restent dans les limites de ce qui ne change pas radicalement la vie quotidienne des Français, Allemands, Finlandais… La Cour constitutionnelle tient ce genre de position : un engagement de 211 milliards d’euros pour les Allemands (je cite le chiffre de mémoire), ce n’est pas de nature à modifier radicalement les grands équilibres allemands. S’il s’agissait d’un engagement à 2000 milliards pour la seule Allemagne, il faudrait un geste fort de légitimation. Cette considération explique qu’A. Merkel ne veut pas augmenter l’engagement allemand au delo de ces 211 – d’où un FESF, à 440 milliards, qu’il faut doper à 1000 on ne sait trop comment…

      Votre exemple de l’Allemagne après guerre est intéressant, mais, dans la mesure même où l’on se retrouve dans une situation de gestion par l’extérieur sans guerre perdue, il serait de bonne politique d’avoir un accord populaire. (Jadis, les puissances européennes géraient leurs créanciers simplement par la diplomatie de la cannonière, mais c’est un peu passé de mode…) Il y a quelques mois Jean Quatremer, le journaliste de Libération, soulignait la nécessité de faire émerger la majorité « honnête » et réformiste des Grecs, pour en finir avec le régime PASOK/Nouvelle Démocratie. C’est sûr que le Premier Ministre grec actuel est lui-même un « héritier » de ce régime, et qu’on pouvait le soupçonner de toutes les arrières-pensées.

  4. Il y a deux choses que je ne comprends pas :

    –comment (pour moi çà reste un mystère) Mme MERKEL et M. SARKOZY – les autres ont ne les entend pas – ont ils réussi à « acculer » à ce point le Premier Ministre Grec ?

    Je sais bien que la lâcheté est une caractéristique de beaucoup de politique, mais je pensais (peut être à tort) que M. PAPANDREOU avait un minimum d’amour propre.

    Quand j’ai appris qu’il allait se rendre, en vassal, à Cannes…J’ai compris que le référendum était perdu.

    Pourtant – oui, je crois qu’il a un minimum d’intelligence – M. PAPANDREOU détenait une épée de Damoclès bien plus forte que le clan MERKOZY.

    Car si la Grèce sort, demain, de la zone euro – mais pas forcément de l’euro : M. TRICHET ayant fait valoir qu’il s’agissait d’une monnaie internationale, n’importe qui pourrait créer « sa » zone euro (un peu comme pour le franc ou le dollar) – ou de l’UE…Ce sont les banques françaises et allemandes qui vont casquer. Je ne vois ni M. SARKOZY ni Mme MERKEL s’y résoudre.

    Quant aux menaces proférées, elles étaient – somme toute – du vent : les Parlements ont déjà voté les crédits à la Grèce, PAPANDREOU aurait eu « simplement » à faire valoir une violation d’engagements internationaux (un peu comme le fait l’Angleterre vis à vis de l’Islande) et le tour était joué…Voire, faire un « coup islandais » ! Plus de dette – grâce au référendum – tout en restant dans l’euro et l’UE (à ce que je sache, le coup islandais n’a pas mis en péril les relations avec l’UE) puisque les traités européens ne permettent pas de virer l’un des membres…Sans son consentement !

    Et comme toute révision de traité requière l’unanimité…M. PAPANDREOU aurait eu les mains libres pour négocier un accord (éventuel) de sortie au petit oignon, pour être tout à la fois dans l’UE et sans être dans l’euro ! Dans tous les cas, les courbettes se seraient inversées !

    Outre les avantages financiers immédiats, M. PAPANDREOU aurait, instamment, retrouvé des couleurs, politiquement parlant ! Et si la France -en la personne de M. SARKOZY – lui avait fait valoir un défaut d’engagement, qu’est ce qui lui interdisait, au juste, de faire valoir qu’en 1789, la France a aussi envoyé tous ses engagements ? Je pense à l’absence de contrepartie pour l’entrée de territoire appartenant au Vatican, au rattachement de l’Alsace et la Lorraine…

    –Toutes les menaces proférées s’avérant du vent, M. PAPANDREOU aurait pu rechercher le soutien de « l’opinion publique » (qui conditionne celle de sa « majorité ») en faisant valoir les boniments de MERKEL/SARKOZY, en renvoyant FMI et UE dans leur quartier, et prévoir un grand plan d’assainissement des finances publiques…Un peu comme la France le fit en 1870, via un emprunt auprès des particuliers.

    A tout prendre, je suis persuadé que les Grecs préfèrent payer de leur poche un désendettement rapide, que de continuer à être sous tutelle.

    –Je suis aussi très étonné (faut il l’être ?) par l’absence de réaction/défense de M. PAPANDREOU. Celui ci aurait pu très bien faire valoir qu’il avait pris un engagement devant son Peuple (ou plutôt l’Assemblée) dès juin et que dès lors (à l’ex de M. SARKOZY) il ne saurait s’en dédire. (Comme ce dernier n’est pas revenu sur un possible référendum)

    De même, M. PAPANDREOU n’a pas trouvé utile de dire que son engagement en faveur d’un accord ne signifiait pas celui de son pays. Car somme toute, la « zone euro » n’est qu’une construction politique, qui n’engage aucunement un « pays » seulement les membres d’un Gouvernement (ou l’un d’entre eux au moins)

    Il aurait, s’il fallait, faire référence au « Congrès de Vienne ». M. TALLEYRAND avait approuvé un traité. Il le fit lire à Louis XVIII qui le fit retourner pour renégocier. Preuve qu’un engagement du pouvoir n’engage pas le pouvoir !

    M. PAPANDREOU aurait, aussi, pu très bien faire le jeu des « eurosceptiques » – et peut être retrouver aussi un peu d’estime parmi les siens – en demandant depuis quand la séparation des pouvoirs n’existe plus ! Parce qu’à entendre M. SARKOZY, le « non » ne risquait d’advenir que si les Grecs se prononçaient eux mêmes…Leurs représentants, avant même tout examen dudit texte, et dans les circonstances qu’on sait (manque de confiance manifeste à l’égard de PAPANDREOU) ne pouvant que dire « oui » ! Quel respect du Parlement ! Et quel aveu aussi : M. SARKOZY affirmant donc que, dans ces conditions, les « représentants du Peuple » iraient contre sa volonté ! Beau respect de la démocratie ! Le Parlement étant donc, de l’aveu même de M. SARKOZY, l’instrument de trahison de la volonté populaire !

    Bref…M. PAPANDREOU aurait il été acheté pour accepter humiliation et menaces ? Peut être un poste de gouverneur dans le futur MES ?

  5. @ Seb : je comprends votre indignation, mais je suppose que le Premier Ministre grec est tout simplement fatigué, à bout d’énergie. Surtout, selon ce qu’on peut comprendre d’ici, il est détesté par une bonne partie de la population grecque.

    Vous avez entièrement raison sur l’affirmation implicite par Sarkozy selon laquelle le peuple grec ne peut que se tromper! C’est le retour à une conception (antérieure à 1900) selon laquelle il n’existe pas de rationalité populaire.
    Je me demande si on ne devrait pas dire désormais : non pas « la souveraineté repose essentiellement dans la nation », mais « la souveraineté repose essentiellement dans le Conseil européen ». L’insistance sur le primat de la « décision des 17 » par rapport aux mécanismes ordinaires de la souveraineté nationale est dans le fond un fait nouveau. Le Conseil européen ne représenterait plus une rassemblement de représentants d’Etats souverains, mais il serait lui le souverain.

    • Avec Sarkozy, il reste un bon moyen de demande l’opinion du peuple : supprimer les postes d’enseignants pour reflécher cette dépense vers les sondages Opinionway tous les 4 matins.

      • @PR 27 : pas seulement les sondages de cette-société-là, qui, je crois, n’a pas été au centre des remarques du récent rapport de la Cour des comptes sur la folie sondagière de nos gouvernants, mais l’idée me parait bonne! Cela créera en effet de l’emploi pour nos étudiants! Nous avons à l’IEP de Grenoble un master (PROGIS) spécialisé dans le domaine des sondages d’opinion… (Je blague bien sûr!)

  6. A l’évidence, il n’est pas à ce point « fatigué » puisqu’il demande la confiance du Parlement ! Et puis, je ne vois pas bien en quoi revenir sur une de ses promesses officielles – datées de juin (au moins) – peut mieux lui permettre de rebondir politiquement parlant !

    M. PAPANDREOU n’est pas un idiot, que je sache. Ou du moins, il a suffisamment connaissance de sa position pour ne pas l’aggraver. Alors pourquoi (c’est un grand mystère pour moi) creuse-t-il sa propre tombe ?

    Oui…La population grecque le « déteste ». Mais si on va par là, celle française n’était pas très en harmonie avec un certain J. CHIRAC…Jusqu’à ce que celui ci dise « non » à la guerre en Irak !

    Et puis, les Grecs restent – quand même – attachés à leur pays (à défaut du Premier Ministre) Et je ne vous apprends rien : quand un dirigeant « national » est mis en accusation par ses partenaires, alors qu’il semble défendre une conception partagée par la population…Mécaniquement ladite population prend son parti.

    Si je prends un exemple récent, quand le Premier Ministre Irlandais a défendu (petitement, mais quand même) le « non » de son pays (à Lisbonne)… »L’opinion publique » s’est retournée contre MERKEL/SARKOZY et à l’avantage du dit Premier Ministre (même si, par ailleurs, il n’était toujours pas béni pour ses « réformes »)

    Je ne comprends donc pas bien la position du Premier Ministre Grec, qui non seulement accepte l’humiliation, mais en plus se couche avant tout combat ! Alors qu’il détient – pourtant – un rapport de force plus important !

    Ne serait ce que parce que les menaces de MERKOZY sont du vent…En la matière, celui qui est protégé par les traités, c’est PAPANDREOU !

    En France, M. SARKOZY peut se servir, aisément, du bâton et de la carotte, puisqu’une menace voilée peut devenir une vraie menace. On l’a vu avec M. BORLOO, par exemple, qui a été « débranché » en coupant le nerf de la guerre, via l’UMP. Mais en Europe, les décisions de punir/sanctionner un État, nécessitent un vote à l’unanimité. Je vois mal PAPANDREOU se punir lui même !

    Idem pour la sortie de l’UE/euro qui requière l’assentiment du pays concerné. Et autres menaces proférées !

    En conséquence, comme je crois M. PAPANDREOU intelligent, il me semble qu’on peut supposer que, voyant que le bâton ne fonctionne pas, MERKOZY ont préféré lui proposer une retraite en or au MES ! (Ou autre gadget)

    • @ Seb : il me semble que le vote de confiance qu’a demandé Papandréou ne doit pas nous tromper. Sur le référendum, Papandréou n’avait pas de majorité parlementaire pour le soutenir. La proposition de référendum aurait été maintenue, il perdait le vote de confiance, et devait démissionner dans l’ignominie. Dans le cas présent, il a abandonné le référendum, parce qu’il a été victime d’un révolution de palais au sein du PASOK. Ensuite, il a obtenu la confiance sous réserve qu’un fois qu’il l’ait obtenue, il quitte le pouvoir. Ce vote de confiance, c’est plus un « quitus » qu’autre chose. C’est tordu, mais typique des systèmes politiques parlementaires à l’ancienne comme celui de la Grèce. Du coup, il peut partir sans avoir le déshonneur d’être vidé par son propre parti, et il sauve l’unité de ce dernier.

      Pour le reste, il est vrai que les Grecs pourraient faire valoir que si les autres Européens ne les aident pas, cela va faire mal du côté du système bancaire européen. Mais, à très court terme, comment faire pour payer les salaires des fonctionnaires et les retraites? Je vous rappelle que les impôts ne rentrent pas du tout en Grèce. Il faudrait de fait que l’État grec reprenne le contrôle de la Banque centrale grecque pour l’obliger à émettre des euros en sa faveur. Ce qui serait une rupture de fait avec l’Union, menant à une suspension des droits de vote de la Grèce au Conseil européen (ce qui est permis par les Traités).

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