Et si le changement c’était… pour beaucoup plus tard.

Nuit du 5 au 6 mai 2012.

Selon toutes les indications à ma disposition (sondages d’opinion rendus publics jusqu’à ce vendredi 4 mai, résultats du premier tour, scores des élections intermédiaires précédentes, ralliements des différents concurrents – y compris celle de F. Bayrou – ou de leurs soutiens du premier tour à l’un ou l’autre des deux finalistes, etc.), Nicolas Sarkozy devrait être battu demain, et François Hollande devenir le prochain Président de la République. Et pourtant, j’ai un doute, je suis d’un naturel pessimiste, et, là, je suis en plein pessimisme. Ce n’est en rien rationnel, cela doit être ce temps pourri sur Lyon, mais j’ai un doute. l’excellent Eric Dupin, lui, n’a aucun doute, il promet même dans un tweet de ce soir d’arrêter de faire des analyses politiques si Nicolas Sarkozy gagne. Il ne serait d’ailleurs pas le seul à devoir arrêter.

En tout cas, si N. Sarkozy l’emportait demain contre toute attente, cela obligerait à quelques révisions déchirantes. Déjà, les sondages en prendraient un sale coup. Les spécialistes auraient beau expliquer que ces derniers ne sont pas des instruments de prédiction, il resterait que, pour les perdants, toute la campagne aurait été faussée par leur présence obsédante, il resterait au minimum qu’ils donneraient en fait  une information bien peu pertinente pour comprendre la dynamique de l’opinion.

Au delà de cette querelle des sondages qui ne manquerait pas d’apparaître, vu la teneur résolument à droite (pour ne pas dire à l’extrême droite…) de la campagne de second tour de Nicolas Sarkozy sur l’immigration et l’Europe (les « frontières »), il serait difficile de nier qu’il aurait su regrouper derrière lui –  le fils d’immigré hongrois, marié à une (ex-)italienne – tout un vaste électorat définitivement hostile au « Monde entier ». On ne pourrait que dire, bravo l’artiste! Car faire oublier en pleine crise économique quelques promesses non tenues, une crise économique, et cinq années de gouvernement, plutôt médiocres et brouillonnes, en transformant la campagne présidentielle en référendum de la France contre le Monde – et, surtout, en filigrane (voir son clip de second tour) contre les immigrés (islamistes) qui viennent nous  imposer leur loi, cela serait très, très fort. Cela en dirait aussi très long sur l’état de la Nation, et sur le basculement des enjeux électoraux de l’économique et du social vers l’identitaire et le culturel.  « La France a (très, très, très) peur ».

On pourrait certes se raccrocher aux branches face à cette évidence gênante  en prétendant que François Hollande était finalement un mauvais candidat ou a fait une mauvaise campagne. Cela permettrait  de faire à gauche la blague (facile je le reconnais) : « en 2007, on a perdu de beaucoup avec la mère, en 2012, de peu avec le père, en 2017, on devrait gagner avec leur progéniture. » Cette explication-là par la personnalité de F. Hollande ne me convaincrait guère. En l’état du PS et des cursus honorum nécessaire pour être présidentiable, il était le meilleur candidat que celui-ci avait à offrir, et il avait le meilleur programme possible de la part de ce parti. Sa défaite serait pour le coup un choix clair de l’électorat pour une société fermée. Et allez faire l’Europe là dessus…

Enfin, espérons que mon pessimisme et l’heure tardive m’égarent.

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15 réponses à “Et si le changement c’était… pour beaucoup plus tard.

  1. Que le président candidat président ait orienté son discours vers les quelque 20% de votants qui ont choisi M.LePen au premier tour est clair – et parfaitement compréhensible.
    Cela signifie-t-il pour autant que les quelque 30% d’autres votants qui le préfèrent à M.Hollande soient pour une société fermée ?
    Et quelle est l' »ouverture » (européenne notamment) d’un programme qui fait fi de toute réalité économique pour aligner des mesures racoleuses et sans avenir (blocage du prix des carburants, recrutement massif de fonctionnaires, soutien à une consommation qui nourrit à l’évidence notre déficit commercial, rejet d’une mesure de report des charges normalement bénéfique aux produits locaux par rapport aux importés, …)
    Préférer le réalisme, même brutal, à la démagogie irresponsable, est-ce être pour une société fermée ? ou au contraire conscient que la société EST ouverte, et qu’il faut s’y adapter plutôt que de continuer un discours fin XIXè (siècle) ?
    J’étais venu à votre blog au hasard d’un article intéressant.
    Je le quitterai sur votre propos ci-dessus qui me semble simplement « tendance » : incohérence d’un appel à l’Europe en votant pour le passé.

    • @ Dominique : les promesses sont une chose, les actes une autre, et enfin, les discours encore une autre. Ce qui me déplait, c’est de voir N. Sarkozy éventuellement réélu au nom d’un discours « anti-européen », au moins pour une partie des électeurs, tout en étant ensuite obligé de fait de suivre le mouvement européen général. Je n’oublie pas les autres.
      Pour ce qui est du socialisme actuel, je ne crois pas au « hollandisme révolutionnaire » (E. Todd), et n’oubliez pas que le socialisme est par définition « internationaliste ».

    • Je suis dans un état presque analogue, déchiré entre la rationalité du politiste et les doutes, les espoirs et les craintes du citoyen.
      Mais je penche vers le rationnel et je dirais quels derniers sondages sont assez proches de ce qui sortira, d’autant que les estimations sont plus fines avec deux candidats seulement. C’est la marque en tout cas que la campagne a été tendue, anxiogène et fortement polarisée. On saura dans 6h00…

  2. Les Silencieux

    Vous vous méprenez sur le programme de Nicolas Sarkozy et sur les valeurs qu’il a portées dans cette campagne.

    Nicolas Sarkozy est pour une France ouverte, pas fermée. Mais une France ouverte au commerce est une France où la réciprocité des échanges commerciaux est assurée, sinon les perdants de la mondialisation s’y opposeront. Mais une France ouverte à l’immigration est une France où les frontières extérieures de l’union sont contrôlées sinon les perdants identitaires et sécuritaires de l’immigration s’y opposeront. Mais une France ouverte au monde est une France qui inscrit son action dans une nouvelle gouvernance mieux adaptée au nouvel équilibre mondial, comme elle l’a fait en créant le G20 avec le Bresil et l’Inde, ou en intervenant en Lybie.

    La position de Sarkozy a toujours été une position d’équilibre, et la grande faute des médias est de n’avoir pas voulu comprendre qu’il ne s’agissait pas d’une caricature, mais de la seule position politique tenable.

    Nous verrons bien dimanche soir quelles leçons tirer de toute cela. Mais il est clair que l’antisarkozisme primaire ambiant aura sans doute joué en faveur de la remontée de Nicolas Sarkozy.

  3. @ Les Silencieux : de toute façon, si N. Sarkozy réussit sa réélection, il aura raison par définition. En politique, le vainqueur a raison!
    Je ne crois pas que « l’antisarkoysme primaire ambiant » jouerait un rôle décisif, c’est bien plutôt comme vous le dites vous-mêmes un positionnement stratégique bien vu par rapport aux attentes majoritaires de l’électorat.

  4. Je trouve ça assez hallucinant que vous publiiez des commentaires manifestement sarkozystes longtemps après la date de clôture de la campagne…
    ça ne vous dérange pas trop d’enfreindre la loi électorale ?

    • @ erikantoine : j’aurais cent mille lecteurs, on pourrait discuter, mais là… je ne me donne pas plus d’importance que je n’en ai.

      Et puis en plus, je n’ai pas vu dans les commentaires susvisés prioritairement une propagande pour le candidat sortant, mais bien plutôt une double critique acerbe à l’encontre de mon analyse de son éventuelle victoire. Nuance. Et, en plus, ni eux, ni moi-même, ne prétendons avoir des lumières particulières sur le résultat lui-même. Encore quelques heures d’attente, et nous serons fixés, eux, vous et moi. Je ne répondrais pas à une possible réaction de votre part avant de connaître le résultat officiel. Je vais prendre l’air.

  5. Loi du 19 juillet 1977 section IV article 11 (extrait début)
    « La veille de chaque tour de scrutin ainsi que le jour de celui-ci, sont interdits, par quelque moyen que ce soit, la publication, la diffusion et le COMMENTAIRE de tout sondage tel que défini à l’article 1er. Cette interdiction est également applicable aux sondages ayant fait l’objet d’une publication, d’une diffusion ou d’un commentaire avant la veille de chaque tour de scrutin.  »
    Je pense que le début (au moins) du commentaire de Dominique :
    « Que le président candidat président ait orienté son discours vers les quelque 20% de votants qui ont choisi M.LePen au premier tour est clair – et parfaitement compréhensible.
    Cela signifie-t-il pour autant que les quelque 30% d’autres votants qui le préfèrent à M.Hollande soient pour une société fermée ? »
    répond parfaitement à cette définition. Publication : oui, en ligne, diffusion: oui accessible par tous (même si vous n’avez pas beaucoup de lecteurs). commentaire de sondages : oui.
    Moi je ne suis pas policier ni avocat, je m’en fiche d’un point de vue légal. Mais comme je suis engagé dans la campagne, comme vous le savez, et que j’ai eu l’occasion de voir la prudence et les rappels à l’ordre des partis, en tout cas de certains, concernant cette loi, qui s’applique, non seulement aux militants, mais aux commentateurs politiques de tous ordres, et vu votre position institutionnelle, je m’étonne, c’est tout.
    Par ailleurs, chacun son interprétation de texte sans doute, mais dominique et silencieux ne sont pas très bien déguisés par les habits de la neutralité (qui ne dédouane d’ailleurs pas de la contravention au code électoral sus-mentionnée).
    Enfin, moi ce que j’en dit…
    De toutes façons il y a aussi les gens qui s’amusent sur tweeter, donc bon…

  6. Le « anti-anti » ce n’est jamais simple à suivre.

    En tout cas pour moi les élections 2012 pourraient être appelés « les élections pérennes », parce que, même si la société est (ou devrait être) en changement, la représentation politique reste fixe, immobile; les Français se sont premièrement préoccupés de confirmer leur propre identité, et donc presque rien a bougé.

    premier tour, où on a vu que 1 français sur 5 est lepéniste,
    mais on le savait, ce qu’on ne pouvait pas imaginer est que la limite serait restée le 20% même avec une Europe très faible et un welfare en italianisation (Le Pen père travaillait dans un contexte beaucoup plus stable et pour lui difficile),
    et on sait (ou mieux, cela c’est ma conviction) que 2 français sur cinq ne seront jamais lepénistes (raison ethniques, ex. les arabes de mon quartier, ou politiques-profondes – les gauchistes 100% et les conservateurs illuminés, catégorie qui en France est moins inexistante qu’en Italie).
    On a aussi vu confirmée l’existence d’une France (un peu moins d’un cinquième) qui voudrait pouvoir être à gauche et qui, en tout cas, veut se dire de gauche.

    Deuxième tour, les rouges ont gagnés de justesse sur les bleus,
    et c’était la chose plus probable, mais cela déjà il y a 1 an ou 2 ans, Sarkozy avait perdu d’appel, le problème était seulement de trouver un Autre crédible; la chose a été faite, but!

    Conclusion, on est près du gouffre mais les élections donnent l’impression (avec le débat, les fêtes, les déclarations etc.) qu’on a encore beaucoup de space, d’Espace et de temps.
    Pour moi, le fait que les électeurs ont été prévisibles et stables, considérés les circonstances exceptionnelles (parce que tout pourrait s’écrouler, cela est possible, sinon probable), peut être considéré le fait saillant.
    Comme il est évident, mon raisonnement a comme postulat que les risques (de devenir grecs ou italiens) sont réels et que les gens en ont une perception plus ou moins claire (même si Bourdieu méprisait le « flair » que les intello projettent sur « les plus démunis »)
    « Ils » le savent, mais ils continuent à voter (première chose, pas évidente: les Francais vont encore voter), en plus il continuent à voter comme avant (en gros), encore qu’ils savent, ou ressentent, que tout est en train de changer, ou a déjà changé, en pire.

    Ecoutez bien, il y a un bruit de sinistre stabilité, dans ce « changement ».

    • @ renna : comme vous allez le voir quand j’aurais écrit mon prochain post, je suis assez d’accord avec votre analyse, n’y voyez donc pas un plagiat!

  7. Ca y est, Hollande est élu, ou plutôt Sarko est renvoyé !!! Si l’on tient compte en effet des 20% d’abstentions et des 5% de bulletins blancs et nuls, les 51.6% de votes Hollande ne correspondent qu’à 39% des inscrits …
    Et encore, ne parlons pas des suffrages inclus dans ce pourcentage qui ne sont que l’expression du souhait de voir partir Sarko (les bulletins des mélenchonistes notamment) sans soutien effectif au candidat socialiste.
    Cela veut dire qu’il n’y a que 30-35% des inscrits qui sont hollandais actifs; ce que confirme d’ailleurs le sondage d’hier soir qui indique que 46% des français pensent qu' »avec Hollande les choses vont aller plus mal » contre seulement 26% qui envisagent que « ça va s’améliorer ».
    Rendons-nous donc à l’évidence : la France est devenue – j’en pleure – majoritairement « de droite », c’est-à-dire plus égoïstement attachée à la préservation de sa « galette » qu’au partage et à la justice. Cette droite en vient naturellement – toujours dans le but de préserver ses petits privilèges – à rejeter l' »étranger » et à vouloir fermer ses frontières.
    En fait, cette tendance à la droitisation de la société française va de pair avec son vieillissement, et avec l’enrichissement relatif d’une majorité de la population – il faut quand même reconnaître cet état de fait au crédit des dernières décennies -. Bien sûr, et c’est malheureusement humain, cette partie « enrichie » de la population devient de plus en plus attachée au maintien de son « pactole », et – partant – au refus de tout partage, qu’il soit national ou international.
    Remarquons que cet électorat « de droite » n’est pas composé exclusivement des catégories super-privilégiées (que ce soient les habitants de Neuilly ou du 16è, les nouveaux aristocrates de la finance ou de l’industrie, les oligarques du CAC40, ou même les héritiers des 200 familles !…) qui ne constituent qu’une frange marginale de la population, mais qu’au contraire les sarkozistes du 6 mai 2012 se recrutent principalement dans les classes moyennes soucieuses de leurs intérêts personnels à court terme.
    Cet égoïsme ambiant est – bien sûr, et c’est de bonne guerre – camouflé derrière le sempiternel argument de la gabegie annoncée d’un gouvernement de gauche qui va creuser les déficits et la dette, nuire au crédit de la France, etc. Les caciques de la droite oublient seulement de mentionner que dettes et déficits ont été, durant ces quarante dernières années, également creusés par la gauche et le droite, mais, il est vrai, au bénéfice de classes différentes selon la couleur des gouvernements !…
    Ces mêmes ardents défenseurs de l’ordre et des « équilibres », creusent aussi les sillons séparant les différentes catégories sociales, et contribuent ainsi à accentuer les fractures qui conduiront tôt ou tard à des réactions de révolte grave et violente de la part des laissés-pour-compte de la société de plus en plus nombreux. Ces explosions, sociales au sein d’un pays, se traduiront aussi par des guerres au niveau international, nos pays occidentaux se dressant un jour ou l’autre les uns contre les autres pour la préservation de leurs privilèges nationaux, notamment des richesses de toute nature…
    Aussi, vouloir le partage et la justice pour aujourd’hui, ce n’est pas seulement faire preuve d’« humanisme » et d’ « altruisme » (utopique, faible et risible, bien entendu !!!…), mais c’est au contraire prendre la seule voie qui puisse avoir quelque chance de nous épargner guerre et chaos à une échéance pas si lointaine…
    Mais cette vision « utopiste » n’est malheureusement plus celle d’une majorité de nos concitoyens, englués depuis des décennies dans le seul souci du matériel et de la consommation éphémère, et déconnectés de toute pensée qui s’élève au-dessus du quotidien et se remémore l’histoire de nos pays en essayant d’en tirer enseignement pour les choix d’aujourd’hui. C’est pourquoi on peut même craindre qu’en juin, au lieu de donner à notre nouveau président une majorité pour gouverner, nos compatriotes n’élisent une assemblée de droite, voire à connotation de droite extrême…
    J’ai beaucoup de peine pour mes petits-enfants, et l’avenir noir et violent que nos égoïsmes d’aujourd’hui leur préparent…

    • @ Colin Bruno : vous avez raison sur la droitisation de l’électorat – c’est-à-dire de ceux des habitants de la France, qui sont citoyens, sont inscrits sur les listes électorales, et enfin vont effectivement voter -, mais faites attention qu’il y a un écart avec la population en général du pays (métropole et outre-mer). En particulier, les jeunes, et surtout les jeunes précaires dans leur emploi ou les jeunes de parents étrangers mais eux-mêmes citoyens français, votent (par comparaison) peu! Les « vieux » votent plus, à la fois par devoir civique et parce qu’ils ont pour la plupart une vie plus stable (sauf les « très vieux » qui eux ont trop de problème de santé).

      Pour les guerres entre pays européens, ne vous inquiétez pas trop! Nos pays ont justement une population trop âgée pour s’engager dans ce genre d’aventures.

    • Bonjour,

      J’ai juste une question à poser à propos du « rejet » de l’étranger, enfin ce sont vos propos :

      Avec plusieurs millions de chômeurs, trouvez-vous logique que l’on continue à importer ce qu’il faut bien appeler du chômage supplémentaire, et/ou de la demande d’aides sociales en puissance… ?

      Il est un site qui est très intéressant et que vous connaissez peut-être :

      http://www.quotidien.com – Récemment Pierre JOVANOVIC a écrit qu’il reçoit des mails « incendiaires » de la part de la part de gens d’une certaine IDEOLOGIE, connue pour sa paix, son amour et sa tolérance…

      D’autre part, comment interprétez-vous tous ces drapeaux étrangers, toutes ces phrases entendues et répétées, du genre « On a niké les Français » ou « La France aux étrangers » vus le soir même de l’élection du nouveau [censuré par CB], pardon, président, sur la place de la Bastille… ?

      ET, s’il-vous-plaît, merci d’éviter les poncifs usés du genre, vous êtes « racistes », ce sont des pauvres, nous devons les intégrer, etc…

      Pour les chiffres, se reporter au site officiel http://www.ofii.fr qui en donnent quelques uns sur l’immigration…

      Site à consulter : http://www.polemia.frhttp://www.ripostelaique.com – et, une fois de plus, évitez les caricatures…

      Dans l’attente de toute réponse, cordialement, BobbyFR94

  8. @ Bobby94 : si vous regardez les chiffres de l’immigration, vous verrez qu’en comparaison à d’autres parties de l’Europe, il y a une faible immigration actuelle en France, ne serait-ce que parce que le marché de l’emploi français se trouve mal en point depuis assez longtemps. Comparez avec l’Italie et l’Espagne de 1990 à 2008, vous serez surpris: avant la crise économique, ces deux pays accueillaient vraiment beaucoup plus d’immigrés que la France. J e doute toutefois que ce genre d’arguments vous persuade.
    Par contre, il n’y a pas de doute qu’il y a eu une forte immigration en France depuis… 1880 au moins, et que la discussion n’a pas été très claire à ce sujet sur la longue période.

    Pour ce qui est des drapeaux étrangers à la Bastille le soir de la victoire de F. Hollande (que je n’ai vus que par médias interposés), il me semble que la gauche française (communiste et socialiste) possède une tradition à la fois patriote et internationaliste. Avoir des drapeaux étrangers me parait donc logique, la « Révolution française » voulait éclairer tous les peuples d’Europe…, et chaque victoire (électorale) de la gauche est (un peu) vécue comme un « grand soir révolutionnaire » qui concerne le monde entier. Ne riez pas! Il y a un peu de cela.

    Pour les propos (effectivement débiles) que vous citez, je ne sais pas s’ils ont été effectivement prononcés et par qui ce soir-là, mais, en tout cas, ceux qui les auraient prononcés auraient autant de sens politique et de perspicacité qu’une huitre (et encore…), et ne représentent en rien les traditions de la gauche française.

    Pour les sites auxquels vous renvoyez, je connaissais au moins celui de « Riposte laïque », et je ne veux pas polémiquer sur leur contenu. Au moins, certains ne se cachent pas derrière leur petit doigt.

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