Europe in our times (III)?

Nous voilà à un peu moins d’un mois du sommet européen décisif de la fin du mois de juin 2012, et, comme il était largement prévisible, rien ne semble réglé, bien au contraire. La Cour constitutionnelle allemande a en plus rajouté son grain de sel en ajournant sa décision sur le MES au 12 septembre 2012… Un communiqué conjoint franco-hispano-italien, appelant à une action immédiate sur les marchés, a été annoncé avant-hier par un ministre espagnol, pour être ensuite démenti et même dénoncé par les ministres italien et français concernés, tout en étant suivi de déclarations française, allemande, et italienne allant en fait dans le même sens d’une réaffirmation de la nécessité d’aller vite dans la mise en œuvre des décisions du sommet européen de juin 2012.

Du point de la conjoncture économique, l’Espagne semble en effet prendre la voie de la Grèce; l’Italie suit de près l’Espagne dans le marasme, avec une pointe de crise politique à l’horizon; quant à la Grèce, son propre Premier Ministre a – enfin!- qualifié sa situation comparable à « Grande Dépression » des années 1930 aux États-Unis. Toutes ces politiques d’ajustements prônés par le trio BCE-FMI-Commission et les pays créditeurs au sein de l’Union (« dévaluation interne » d’une part, et retour à l’équilibre budgétaire, voire maintien d’un surplus budgétaire primaire comme en Italie, d’autre part) semblent bien mener à la dépression d’une partie de l’économie européenne, et à la récession de l’ensemble. Comme prévu par beaucoup. Pas de surprise en fait.

En tout cas, il est encore une fois fascinant de voir à quel point la presse française ne s’affole guère de la situation. La lecture de la presse italienne, allemande, et britannique, à laquelle je m’adonne, me renvoie de fait une toute autre image de la situation que celle que je trouve dans la presse d’ici. Encore qu’il serait facile de faire le lien entre la déroute des constructeurs automobiles français et la conjoncture économique en Europe… Il est vrai qu’en France, nous n’avons pas (encore?) eu de coupes budgétaires drastiques qui perturbent radicalement la vie des collectivités locales, des hôpitaux, des administrations, des familles. Comme fonctionnaire, mon salaire net baisse lentement, mais pas avec un choc baissier de 5%, 10%, 20% d’un coup. Les pharmaciens acceptent la Carte Vitale, les ordures sont encore ramassées, et l’éclairage public fonctionne… Tout va donc très bien, Madame la Marquise!

Bref, le tracassin continue. Et tout le monde semble se raccrocher à la phrase de Mario Draghi (dans son entretien avec le Monde d’il y a quelques jours) affirmant que « la BCE n’a pas de tabou », et à ses gloses sur l’obligation qu’a la BCE de lutter contre l’inflation et la déflation. Cela sent à plein nez le conflit à venir entre la majorité de la BCE et une partie au moins de l’establishment allemand. Je vois mal en effet comment cette justification par la déflation à éviter d’une intervention sur les marchés de la part de la BCE peut avoir quelque crédibilité que ce soit en Allemagne, où, justement, les salaires viennent d’augmenter dans certaines branches…   Acheter ou ne pas acheter de la dette publique des Etats en difficulté, telle est la question existentielle désormais posée à la BCE…

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