Les illettrées, le brillant ministre, le géographe et le canard éviscéré

Mercredi 17 septembre 2014 fut une journée particulière pour qui, comme moi, s’avère sensible aux simultanéités qui font une époque. Le journal Libération faisait son titre et consacrait son dossier d’ouverture au nouveau livre du géographe Christophe Guilluy (La France périphérique, comment on a sacrifié les classes populaires). Libération usait même d’un titre de une se voulant accrocheur, Classes populaires. Le livre qui accuse la gauche, accompagné d’un sous-titre, Dans la ‘France périphérique’, le géographe Christophe Guilluy reproche aux partis d’avoir délaissé les populations éloignées des centres urbains. Polémique.  De fait les cinq pages consacrées à l’ouvrage en question – que je n’ai pas lu pour l’instant et dont je ne peux donc commenter ici – donnent surtout la parole aux universitaires ou chercheurs critiques, plus ou moins acerbes, du dit Guilluy, soulignant au choix, en termes polis certes, son incompétence sur les sujets dont il prétend traiter et/ou son orientation (pour caricaturer la critique) crypto-FN. La journaliste Cécile Daumas en page 3 écrit en outre un portrait intitulé : Guilluy, le Onfray de la géographie. Titre qui, à n’en point douter, aura bien fait plaisir aussi bien à Guilluy qu’à Onfray lui-même devenu ainsi, si j’ai bien compris, le symbole contemporain de l’intellectuel  fort présent dans les médias et scientifiquement fort contestable par ailleurs. Le plus troublant dans ce dossier globalement à charge m’a-t-il semblé, c’est que l’éditorial de Laurent Joffrin, actuel directeur de Libération, intitulé Oeillères, lui, semble plutôt favorable à une vaste réception de l’ouvrage. Allez donc comprendre la ligne de ce canard, finalement, il faut  le lire Guilluy ou pas le lire? Et, du coup, pourquoi en faire son titre de une?

Ce même jour, un nouveau Ministre de l’économie, encore tout brillant, commet une boulette de débutant en matière de communication politique : au détour d’un entretien radiophonique plaidant pour le meilleur accès au permis de conduire comme condition de retour à l’emploi, il prend l’exemple d’ouvriers d’un abattoir breton en grande difficulté économique, ouvriers qui seraient majoritairement des femmes, illettrées et peu convaincues en plus de devoir bouger pour retrouver un travail. Les « Bécassines » en question, ni sourdes ni aveugles pour le coup, qui se sentent ainsi méprisées, réagissent plus qu’outrées à ces propos, dont le Ministre devra ensuite s’excuser devant la représentation nationale. Cela m’a fait un peu bizarre de constater par cet exemple opportun et caricatural à souhait que, sans doute, Guilluy ne rêve pas quand il croit devoir constater qu’une bonne part des élites françaises (y compris de gauche affirmée) n’ont guère le soucis d’une bonne partie de la population, sinon que comme des personnes qui ne suivent pas le rythme. « Ces gens-là » pour reprendre l’expression du Ministre ne savent même pas lire, c’est vous dire… Le sociologue Bernard Lahire, dont je peux soupçonner qu’il n’est pas exactement de la même école de pensée que Christophe Guilluy, donne aux Inrockuptibles une très intéressante interview sur le thème de l’illettrisme en France comme explication commode pour les élites d’une partie du chômage de masse. Les chômeurs de la « France périphérique », tous des illettré(e)s sans permis de conduire, peut-être même alcooliques, et vaguement pédophiles pour faire bonne mesure? Comment voulez-vous être compétitifs dans ces conditions? Il va falloir des « réformes structurelles »  pour les motiver.

A cette troublante coïncidence s’ajoute qu’au début de cette même semaine, les actionnaires de Libération ont annoncé au personnel de ce canard historique de la gauche que tout ce qui reste de son gras allait passer à la casserole. Après quelques autres pertes de substance éditoriale (on ne les compte plus, toute la presse française se voulant un peu à gauche est désormais remplie d’anciens de Libé), le grand dégraissage final parait en effet arrivé : en effet, plus de 90 postes sur un peu plus de 250 devraient être supprimés, et tous les salariés restants verraient leur contrat de travail revu et corrigé Margaret Thatcher style faute de quoi se serait Ciao les petits amis et bon vent. Les salariés restants se verraient même conviés par un avenant à leur contrat de travail à ne plus dénigrer publiquement leur entreprise. Il ne manque plus que le serment de fidélité au futur chef de ce média Libération libéré de ces derniers reliquats libertaires. Du coup, cela m’a fait étrange aussi de voir le dernier carré des journalistes de Libération pester à l’encre (rouge?) contre le géographe (crypto-FN?) Guilluy, qui se demande en fait benoîtement  ce que vont bien pouvoir devenir les classes populaires dans le cadre d’une mondialisation qui peut se passer d’eux (cf. son entretien avec le Point), alors même qu’eux-mêmes sont sur le point – en particulier pour tous ceux qui sont trop âgés, trop payés, trop peu pisseurs d’encre, trop indépendants d’esprit d’être envoyés tester l’indéniable mais tout de même pas assez médiatisée amélioration des services de Pôle Emploi pendant la crise actuelle. Bref, ce journal Libération, dont les limites fort réduites désormais du lectorat en peau de chagrin se conforment largement à l’image géographique que C. Guilluy se fait de « la France qui gagne » (les seules métropoles, en particulier la métropole parisienne), n’a pas su saisir l’ironie de la situation, étant lui-même constitué de personnels en sursis. Une sorte d’ironie de l’histoire qui me laisse songeur. Si j’ose dire, la crise économique et sociale est partout : elle se trouve  au centre et à la périphérie.

Enfin, espérons que les coïncidences ne continuent pas ainsi.

17 réponses à “Les illettrées, le brillant ministre, le géographe et le canard éviscéré

  1. Bonjour,
    Guilluy est bien souvent aussi caricatural que Macron lui-même, et les critiques du premier le sont aussi souvent du deuxième: si Macron évoque l’illettrisme des salariées de Gad, Guilluy conclura, de façon radicale, qu’elles vont voter Front national, parce que vous comprenez monsieur, ouvrières + « blanches » (une catégorie souvent évoquée par Guilluy, bien que jamais clairement définie) + en périphérie + mépris des élites = Front national.
    La moribonde « Gauche populaire », dont le précédent livre de Guilluy était devenu la Bible, s’était inventé comme ennemi idéologique la « Gauche Terre Nova ». L’une et l’autre pensent pourtant les classes populaires dans les mêmes termes: elles les coupent en petits bouts identitaires (les femmes, les immigrés ou descendants d’immigrés, les ouvriers, les urbains, les péri-urbains, etc.) et en fait soit l’incarnation de l’avenir de la gauche (les femmes et les immigrés, par ex, pour Terra Nova) soit les représentants de la vraie France qu’il faut sauver (les hommes ouvriers « français de souche » hétérosexuels, péri-urbains, menacés par les élites urbaines pro-LGBT et féministes et les immigrés ou enfants d’immigrés, pour la Gauche Populaire). Bref, dans les deux cas, la subtilité n’est pas au rendez-vous, et c’est globalement une lecture fine et subtile de la situation qui manque: elle impliquerait de croiser ces diverses formes de lecture…
    Si vous venez à lire l’ouvrage de Guilluy, voici un article intéressant, reprenant le discours tenu dans son précédent ouvrage, « Fractures françaises » : http://www.fichier-pdf.fr/2014/09/18/esp-156-0233/esp-156-0233.pdf
    Bien à vous

    • @ EJosselin : oui, il existe sans doute une exagération de part et d’autre, mais il reste qu’au moins sous forme de « représentation » de plus en plus dominante, la césure « blancs » vs. « autres » (pour reprendre au moins l’un des terme que vous utilisez pour décrire ces analyses) est sans doute de plus en plus opérante en France métropolitaine. La critique de Guilluy que vous citez, exacte par bien des côtés, me parait manquer cet aspect au niveau des représentations. Le flou d’un terme comme « blanc » en France et son usage de plus en plus fréquent me parait justement un indice de ces représentations en devenir.

  2. Éric le floc ´ h

    Mépris de classe « giscardien »de Macron, sans doute, mais, en même temps, c’est sidérant comme tout le monde lui est tombé dessus à bras raccourci ( Buffet disant qu’il méprisait les ouvrières de ce pays !), alors que quand on l’écoute attentivement, il fait maladroitement le lien entre qualification et emploi. Je trouve que B. Lahire y va un peu fort à ce titre, car on sait depuis les années 70 que le lien entre formation et emploi est avéré au point que que le taux de chômage ne baisse pas sous un certain seuil en phase d’expansion. Le chômage structurel n’est quand même pas une invention d’énarques.
    Il est frappant de voir combien les économistes ignorent toujours la logique sociale, mais aussi comment les sociologues critiques passent sous silence les mécanismes économiques fondamentaux du capitalisme. Par exemple , expliquer que le déclin de certaines firmes est peut être économiquement rationnel et que l’Etat devrait plutôt chercher à permettre aux salariés victimes du processus de trouver un emploi dans un secteur dynamique vous fait passer comme un dangereux social libéral.

    • @ Eric le floc’h : certes on pourrait dire que l’incident a été grossi à dessein. Il y a eu aussi une jalousie (si j’ose dire) de la part des « politiciens professionnels » (experts de ce qu’il faut dire et ne pas dire à la population) face à cet amateur qui vient leur prendre un poste de prestige.
      Pour ce qui est de l’adaptation de la population active aux nouveaux postes de travail, je suis d’accord – qui ne le serait pas? -, mais il se trouve qu’en France (contrairement au Danemark par exemple), nous sommes extrêmement mauvais, et cela depuis des décennies. L’incapacité depuis 40 ans (début des années 1970) des élites politiques, administratives, syndicales, économiques, à créer un service de l’emploi décent et une formation continue de qualité pour les chômeurs devrait interdire à ces mêmes élites de jamais repousser la faute du sous-emploi sur « ces gens-là ». Sans parler aussi du marché du logement et de l’accès à la propriété qui constitue un magnifique piège pour « ces gens-là » que les mêmes élites n’ont jamais souhaité désamorcer, bien au contraire. L’actuel gouvernement vient de relancer le prêt à taux zéro dans l’ancien dans les zones rurales…

  3. Libération et Le Monde sont en train de suivre le PS: à droite, encore à droite et puis, plouf, dans un précipice.

    L’ironie de la situation aurait sans doute été mieux perçue si ceux qui sont dans la charrette, ou en passe de l’être avaient écrit cet article. Je doute que Cécile Daumas soit fort sensible à cette question. Mon petit doigt me dit qu’elle est dans la ligne du journal et que, pour elle, la grosse affaire de la gauche est « la progression des mœurs », pas les questions économiques et sociales. Et puis je la sens futée aussi. Pour garder son boulot, il vaut mieux écrire « l’Onfray de la géographie », que « le BHL de la géographie ». Pourtant, hein, pour désigner « le symbole contemporain de l’intellectuel fort présent dans les médias et scientifiquement fort contestable par ailleurs », y’a pas photo…

    • @MonPseudo : je ne sais pas qui est exactement cette journaliste, il faudrait voir sur quoi elle a écrit en général pour affiner l’analyse. En tout cas, c’est vrai qu’elle aurait pu utiliser dans le même genre BHL ou pourquoi pas Finkielkraut, elle a choisi Onfray. Il faudrait mieux la connaître pour savoir exactement pourquoi.

      • BHL = Onfray = Finki
        Non ? Vous faites une différence ?

      • @madeleine: Je pense qu’il y a bien une différence. Eux, ils la font en tous cas. Je changerai d’avis si vous me trouvez ce genre d’expression dédaigneuse envers BHL ou Finkelkraut dans Libé.

  4. Guilly comme Michéa sont rattachés au Mauss…ils feraient bien de lire Bourdieu sur l’intérêt au désintérêt, cela leur éviterait leur populisme grossier ainsi sur un autre plan, méthodologique, cette fois de reprendre des catégories médiatiques ( banlieue, multiculturalisme, etc. ) sans les interroger. Sur les phénomènes de ségrégation spatiale, mieux vaut regarder du coté de Sylvie Tissot. Elle dirige d’ailleurs le dernier numéro d’Actes de la recherche en science sociale sur le thème de l’entre-soi.

    • Sur l’intérêt au désintérêt, cela concerne davantage Michéa – il faut être honnête. Je renvoie à l’article de Lordon sur le sieur : http://www.revuedeslivres.fr/impasse-michea-par-frederic-lordon/

      En revanche, Guilly me parait léger : tout n’est pas à jeter, bien sûr. Mais son manque de rigueur est dommageable. Notamment dans ses affirmations péremptoires, les banlieusards votent X, les périurbains Y. On aimerait une analyse plus fine et surtout, justifiée : où sont les chiffres ? Dans les articles dans les journaux, je ne dis rien, mais ailleurs, dans ses livres, c’est toujours le constat généraliste au présent de vérité générale. Ou autre exemple : les banlieues sont des terres de mobilité, des lieux de passage : peut-être mais il faut donner des preuves…idem lorsqu’il, dans une interview à Causeur, il dit qu’il suffit d’aller dans les banlieues pour voir naturellement ( sic ), par le miracle du bon sens, le multiculturalisme…

      Ces deux-là m’ont rendu méfiants : on peut être antilibéral plus par détestation de l’argent et des puissants. Chez le commun, je ne dis pas, mais chez des intellectuels, c’est plus problématique. Toujours le risque de retomber dans un antilibéralisme éthique, dans une approche plus moralisante que politique ( avec le risque de populisme épistémologique – au sens de Bourdieu ) …dites-moi si je me trompe !

  5. @madeleine : j’ignorais que Guilluy ou Michéa fussent rattachés au MAUSS (Mouvement anti-utilitariste dans les sciences sociales), je croyais qu’il s’agissait d’électrons libres, cela m’étonne un peu… mais peut-être parlez-vous simplement de proximité intellectuelle et non associative?

    Pour l’antilibéralisme éthique, je serais moins critique que vous, parce que tout dépend de ce qu’on met derrière ce terme d’éthique ou de morale. Cela peut être plus ou moins élaboré, pensé, réfléchi. Pour enseigner la philosophie politique, j’aurais tendance à prendre ces termes au sérieux.

    Par ailleurs, pour en revenir à la présence médiatique de C. Guilluy, il me semble qu’elle possède au moins l’avantage d’attirer l’attention sur le fait qu’il faudrait – ou pas? – repenser la manière de présenter les grandes divisions de la société française. C’est une « lutte de classements » qui s’est engagé comme dirait P. Bourdieu, et Guilluy possède au moins le mérite de faire une proposition. Son succès médiatique correspond sans doute aussi à l’image que se fait de la situation une partie au moins de la population.

  6. Le péri-urbain est de toute façon devenu un sacré fourre-tout sociologiquement parlant depuis qu’on en parle un peu partout (et beaucoup dans les cercles frontiste,s il ne faut quand même pas le nier…). L’idée que le France périurbaine qui serait l’équivalence parfaite de la France délaissée me parait hélas assez grossière, notamment parce qu’on met dans le sac tout et n’importe quoi, à savoir les banlieues de grands centre urbains (où peuvent effectivement s’exprimer des replis identitaires, il serait stupide de le nier, bien qu’il faille évidemment creuser plus) et les banlieues résidentielles plus lointaines où vit une classe moyenne voire petite bourgeoisie qui n’a probablement jamais voté à gauche ou particulièrement apprécié la diversité culturelle. Bref on met dans le même sac les bourgeois réac et les prolos déboussolés (qui, par ailleurs, étaient peut être déjà de droite) : on voit bien la fumisterie habituelle d’une certaine pensée réactionnaire qui n’aime rien tant que rayer les clivages pour faire apparaître une grande France également excédée …J’attends de voir si les troupes du prochain 6 février comporteront beaucoup d’ouvriers métallurgistes du Nord.

  7. Je relis l’interview donnée par Bernard Lahire aux Inrocks et ne m’explique pas ce retournement par lequel il affirme que le chômage précède l’invention de l’illettrisme: « Le moment où l’on a commencé à observer des gens qui avaient des problèmes à l’écrit – une cause d’échec scolaire – correspond au moment d’apparition du chômage.  » « Le chômage a été une condition de mise en évidence de l’illettrisme, mais on a fini par en faire une des causes du chômage. »
    Dans une France dont on constate depuis bientôt 30 ans la désindustrialisation d’une part, et la tertiarisation d’autre part, les besoins de compétences évoluent et l’offre de travail porte schématiquement moins sur des emplois d’Ouvriers Spécialisés que sur des employés; ce déplacement de l’offre joue comme un révélateur de « l’illettrisme » en ce que ce dernier vient faire obstacle à une possible reconversion/translation de l’un à l’autre à même d’atténuer le choc des fermetures d’usine, par exemple.
    Le chômage précède l’illettrisme dans la seule mesure où l’on se réfère à un modèle économique possiblement révolu, conjuguant industrie croissance et plein emploi y compris pour les personnes non qualifiées. Une fois enterré le mirage d’un retour aux Trente Glorieuses, et actée la réalité de seuils de qualification venant désormais restreindre de facto l’accès au marché du travail, il me semble complètement admissible de considérer les problèmes posés par l’illettrisme existant et surtout, à venir (et non les « illettrés »).

    • @ Adèle : il me semble que Lahire n’ignore pas les changements que vous évoquez, mais il veut dire qu’au lieu de voir la cause du chômage de masse dans l’évolution des structures productives, on a attribué cette cause aux chômeurs eux-mêmes incapables, car illettrés, de s’adapter au dit changement, ce qui change complètement le regard sur la situation, c’est une question d’attribution de la responsabilité : en effet, qui change les structures de l’économie, sinon les choix plus ou moins avisés des élites économiques et politiques, donc qui est responsable de ce qui advient? Si la nécessité de penser l’avenir économique de la main d’œuvre peu qualifiée avait été intégrée au calcul de départ des dites élites, nous n’en serions pas là. Et, à mon avis, nous allons vivre la même chose sur les travaux moyennement qualifiés avec la robotisation en cours et à venir. On accusera demain les gens d’être des « incodeurs », d’être des gens incapables d’écrire la moindre ligne de code informatique…

  8. Sur la controverse Guilluy, le journaliste J-L Cassely a fait un bon état des lieux du débat : http://www.slate.fr/story/92641/christophe-guilluy-france-peripherique. On peut reprocher plusieurs choses au géographe en question : ses approximations sur le plan empirique (volontiers et justement dénoncées par « les professionnels de la profession ») ; son idéalisation de la situation des banlieues ; son concept foireux de « contre-société » ; et une façon très contestable d’aborder les comportements électoraux. Cela dit, il a pour mérite de populariser l’idée de nouveaux centres et nouvelles périphéries créées par la mondialisation, et de s’interroger sur les conséquences politiques à en attendre. C’est d’ailleurs la notion de « France périphérique » qui sert de titre à son essai, et qui est à distinguer du débat sur le périurbain. Il s’agit d’un sujet d’autant plus essentiel qu’il implique en effet -je rejoins Christophe- des différences croissantes de représentations entre néo-centres et néo-périphéries. C’est souvent ce que gomment beaucoup de réceptions assez pauvres de cet essai, du côté de la gauche intellectuelle et politique.

    • @ Fab Escalona : effectivement, cet article de Slate fait bien le point sur les questions posées. (Il vous cite d’ailleurs fort à propos.) Pour ce qui est de la réception de l’ouvrage du côté de la gauche intellectuelle et politique, leur pauvreté s’inscrit dans une pauvreté plus générale du débat à gauche. Il n’y a pas en fait une exception faite pour Guilluy, il est (peu ou mal) traité comme tous les autres auteurs qui prétendent l’avertir des dangers qui menacent le projet d’émancipation. Un livre extrêmement savant et argumenté fait par les meilleurs chercheurs de France, de Navarre et d’ailleurs qui annoncerait que la gauche française est en train de se planter dans les grandes largeurs n’aurait actuellement aucun effet sur ceux qui tiennent le haut du pavé à gauche… Comme a dit Michel Sapin à propos du livre de T. Piketty (Le capital au XXIème siècle), c’est trop long à lire…

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