Deux livres à propos des vaincus de l’anthropocène.

Je suis d’humeur fort morose ces temps-ci. Deux livres, fort différents, que j’ai réussi à finir cet été – celui de Serge Audier, La société écologique et ses ennemis. Pour une histoire alternative de l’émancipation (Paris : La Découverte, 2017) et celui coordonné par Cédric Biagini, David Murray et Pierrre Thiesset, Aux origines de la décroissance. Cinquante penseurs. Paris/Vierzon/Montréal : L’échappée/Le Pas de côté/Ecosociété,  2017) – ont de fait alimenté ma morosité. Ils abordent chacun à leur manière une question qui semble devoir devenir dans les temps à venir de plus en plus évidente: mais pourquoi diable la société occidentale et le reste du monde à sa suite ont-ils choisi une voie de développement économique, social et politique qui nous mène tout droit au désastre écologique, à la fin de notre monde? Pas à la fin du monde sans doute, mais tout de même à beaucoup de désagréments.

Pour tout esprit averti, il va en effet désormais de soi que le changement climatique et tous les autres impacts de la société industrielle  sur la nature (perte de biodiversité, pollutions chimiques, etc.) vont mener, dans un délai désormais inscrit dans une vie d’homme, à une ou plusieurs catastrophes – dont nous avons probablement autant une idée exacte que les Européens éduqués d’avant 1914 pouvaient avoir des formes et des conséquences de l’inévitable guerre à venir qu’ils pressentaient pourtant. (En gros, cela sera cent fois pire et inédit que nos pires appréhensions: l’histoire possède bien plus d’imagination que nous.)  Du coup, il devient urgent de se demander comment on a pu en arriver là. Personne n’aurait donc pensé à avertir l’humanité (occidentale) du désastre qui se profilait? Eh bien non, au contraire, selon ces deux livres, il y a eu en réalité une kyrielle de penseurs qui ont bien vu que quelque chose d’inédit, de fort mal venu, avait commencé avec la Révolution industrielle dans le rapport entre l’homme et la nature – ce que l’on appelle de plus en plus désormais « l’anthropocène » -, et que cela ne pouvait que très mal tourner si on n’y prenait garde. D’un autre point de vue, il n’était bien sûr pas écrit que cela doive mal tourner. Si l’on avait suivi les réflexions et suggestions de ces mêmes nombreux auteurs, l’histoire humaine aurait peut-être pu être autre.

Les deux livres s’inscrivent bien sûr dans des champs très différents. (Et je m’excuse d’avance auprès de S. Audier s’il venait à lire ces quelques lignes de le présenter en telle compagnie si militante.) L’épais livre de Serge Audier restitue en effet le minutieux travail d’un philosophe universitaire. Connu pour ses travaux sur le néo-libéralisme (ou plutôt les néo-libéralismes), le philosophe S. Audier se fait ici historien de toute une série d’auteurs et de courants de pensée qui ont préfiguré depuis le début du XIXème siècle ce qu’il appelle dans son ouvrage la « société écologique » – c’est à dire un concept encore à définir d’harmonisation entre les aspirations à l’émancipation humaine (dans la lignée du XVIIIème siècle) et les contraintes de notre existence dans et par la nature. Comme son titre l’indique d’emblée aux initiés, l’ouvrage s’inscrit dans une polémique savante et politique à la fois. En effet, l’un des buts que s’est fixé Serge Audier est de montrer que l’équivalence établie à fin dépréciative de toute pensée écologique par certains penseurs libéraux – équivalence qui serait en gros « écologie=romantisme=irrationalisme=haine de l’homme=amour de la nature = nazisme = suppression de la liberté » – pour déconsidérer politiquement tout engagement politique en faveur de la nature ou simplement de l’environnement s’avère fausse. Le titre du livre constitue une allusion au livre de Karl Popper, la Société ouverte et ses ennemis, et ce n’est pas là du tout un hasard.  Serge Audier entend en effet démontrer que la plupart de ceux qui ont pensé le rapport homme/nature depuis le XIXème siècle l’ont fait dans une perspective d’émancipation de l’individu et/ou de la société. Ils sont donc, non pas du côté d’une vision hiérarchique et conservatrice du devenir de l’humanité, du côté Platon pour reprendre la dichotomie à la Popper, mais, du bon côté de la force si j’ose dire, du côté de la liberté, de l’égale dignité des êtres, de l’émancipation.  Le livre apparait ainsi comme une  réponse à Luc Ferry et son vieux pamphlet des années 1990, Le Nouvel Ordre écologique.

Cette polémique, qui vise à redonner une dignité de gauche à la pensée de la Nature, m’a paru le point de loin le moins intéressant de l’ouvrage. En effet, il n’aura échappé à personne, sauf peut-être à l’auteur plongé dans trop d’ouvrages philosophiques – qu’il me pardonne cette pointe -, que toutes les forces partisanes qui se sont développés sur la base d’une réflexion écologique depuis les années 1960-70, se sont imperturbablement situées sur la gauche de l’échiquier politique et qu’elles sont entrées en conflit avec les forces nationalistes, conservatrices, réactionnaires, de tous les pays. Sauf à faire du nazisme, le premier grand parti écologique de l’Histoire – dans un grand délire anti-écolo à la Causeur -, il faut admettre que l’écologie, quand elle réussit à se politiser, à peser (un peu) dans un contexte démocratique, se situe toujours à gauche, du côté de l’émancipation individuelle et collective (avec le plus souvent des liens forts avec les luttes des femmes, des minorités sexuelles, etc.). Il suffit pour s’en convaincre de suivre un peu l’actualité mondiale: qui se bat ces jours-ci pour sauver un forêt primitive en Pologne? Contre qui? Comme d’habitude, des écolos (hommes et femmes confondus) contre des conservateurs (catholiques en l’occurrence) grands adorateurs du Dieu Mammon.

En revanche, en dehors de cet effet, si j’ose dire de champ académique/éditorial qui rend pertinent en philosophie politique un débat qui ne fait pas guère de sens en sociologie politique, le livre de Serge Audier constitue un régal de lecture. En effet, au fil de plus de 700 pages,  il renoue les fils épars de toute une tradition de penseurs qui ont bien compris, très tôt, que le rapport de la société industrielle naissante à la Nature était pathologique, peu durable, inégalitaire. La réflexivité/conscience écologique, au sens contemporain du terme, apparait donc avant le milieu du XXème siècle. En réalité, elle marque, certes en filigrane, tout le XIXème siècle, avec souvent chez ces auteurs, un mélange de rationalité (scientifique), d’esthétique, de philosophie et de morale. On va de C. Fourier à J. Stuart Mill, en passant par R. W. Emerson, W. Morris, D. Thoreau, etc.  (Le nombre d’auteurs cités, connus et moins connus, aurait d’ailleurs amplement justifié la présence d’un index.) En exhumant tous ces auteurs, éparpillés dans tout l’Occident d’alors, et aussi leurs nombreux liens d’influence ou de camaraderie, S. Audier montre que la gauche n’était pas condamnée à suivre la voie qu’elle a finalement suivi, à savoir l’acceptation pleine et entière du capitalisme industriel au nom du bonheur même du peuple. La voie prônée par exemple par un William Morris, pour citer l’un des personnages les plus connus de cette histoire, aurait pu être suivie. Les prolétaires en s’émancipant (un peu) auraient pu devenir autre chose que des producteurs (plutôt) aliénés dans leur travail et des consommateurs (vaguement) repus. L’industrialisme du compromis social-démocrate à l’ouest ou du socialisme d’État à l’est des années d’après 1945, dont Raymond Aron décrivait jadis la convergence dans son livre sur la société industrielle, auraient été évitables si l’on avait pris au sérieux les alertes, réflexions, prémonitions, propositions, et aussi savoirs, de toutes ces voix qui ont fini ignorées ou minorées. Il faut bien dire qu’on sort de cette longue et roborative lecture un peu essoré moralement de constater que tant de propos furent tenus – toujours minoritaires certes, comme le précise inlassablement S. Audier au fil des pages – qui surent voir venir les choses et qui en appelèrent à un autre avenir pour l’humanité. Il s’avère assez troublant de constater que tant de possibilités  ont été évoquées en vain.

L’effet plutôt déprimant se trouve être assez similaire à la lecture de l’ouvrage consacrant cinquante notices à ceux que les coordinateurs présentent comme les précurseurs de « la décroissance » – entendue comme un mouvement politique contemporain. Il s’agissait pourtant pour les auteurs de motiver le lecteur à penser et à agir autrement en se dotant d’armes intellectuelles venus d’une pluralité de bons auteurs, mais, là encore, le rappel de tous ces bons esprits qui nous ont prévenu laisse une impression un peu amère. La qualité des notices, souvent parues auparavant dans la revue militante La Décroissance, s’avère par ailleurs parfois très inégale. Pour les personnages du XIXème siècle, on constatera un fort recoupement avec les auteurs étudiés par S. Audier (W. Morris, S. Jevons, J. Ruskin, H. D. Thoreau, etc.). La sélection présentée s’avance ici plus dans le XXème siècle, et elle m’a paru présenter une différence d’ensemble avec l’approche des auteurs par S. Audier : une plus grande présence de la réflexion spirituelle, plus individualiste, avec des personnages comme R. Tagore ou J. C. Powys. Cette différence m’a en effet frappé : S. Audier insiste plus sur l’argumentation de philosophie politique et sociale des auteurs, alors que les auteurs de la mouvance décrite par La Décroissance s’approchent souvent du problème spirituel ou de la motivation ultime de nos actes. En effet, l’un des problèmes centraux de toute proposition d’une autre société que celle du capitalisme doit se préoccuper de la motivation des individus qui feraient vivre cette société. En effet, en résumé, dans le capitalisme, l’individu ordinaire vit pour consommer des biens et des services procurés par le marché, or comment peut-on se déprendre des joies/aliénations de la consommation accrue procurée par le capitalisme des deux derniers siècles? Pour l’instant, en pratique, personne n’a trouvé une solution, adaptée à des masses individus, qui permette de ne pas faire de l’individu un consommateur avide de toujours plus de consommation, sauf à faire appel au système de régulation morale liée à une religion (à la manière des Amish les plus traditionnels). La manière qu’a S. Audier de présenter les précurseurs de la société écologique fait  un peu l’impasse sur cet aspect de la motivation : en gros, pourquoi ne devrait-on pas être un consommateur prêt à tout polluer/détruire sur cette planète tant qu’on peut en retirer un plaisir? Pourquoi l’humanité n’aurait-elle pas le droit d’organiser une belle fête qui aboutirait à sa propre fin? Une vie courte et joyeuse offerte par le capitalisme fossile et extractiviste, comme l’avait prévu l’économiste S. Jevons dès le milieu du XIXème siècle, plutôt qu’une vie longue et sans attrait (?) offerte par la société écologique.

Un tout autre aspect m’a frappé à la lecture de ces deux ouvrages, fort différents comme je l’ai dit, c’est l’incapacité de tous ces auteurs à penser la puissance et la pluralité de l’humanité. Par puissance, j’entends ici le fait que l’humanité (homo sapiens sapiens) est constituée d’une multitude de groupements humains – de taille et d’organisation très différentes – et surtout de puissances d’agir sur les autres groupements très différentes.  Malheureusement, la puissance d’agir d’un groupement sur un autre est depuis un moment déjà très fortement corrélé à la maîtrise de la science, de la technique, et surtout de l’énergie, par chacun. Pour le dire très simplement, les diverses versions de société écologique que tous ces auteurs dessinent sous nos yeux sont séduisantes prises comme organisation possible d’une société pacifiée ou d’un ensemble de sociétés pacifiées, mais elles paraissent d’emblée inadéquates face à la possibilité d’une autre société externe à elle/s plus puissante et hostile. Bref, c’est bien beau de rêver à des sociétés écologiques, comme le fait W. Morris dans son célèbre News from nowhere – qui se ressemblent d’ailleurs souvent par la diminution de la taille des organisations économiques, politiques, sociales qu’elles supposent – quand il existe au dehors des sociétés prédatrices et surtout plus puissantes. Tous ces auteurs semblent perdre de vue dans leur réflexion au passage cet aspect désagréable de la condition humaine – alors même d’ailleurs que beaucoup n’ignoraient pas les ravages des colonisations, de l’esclavagisme, de l’impérialisme des puissants sur les faibles qu’ils combattaient par ailleurs.

En pratique, cela voudrait dire que, si, mettons, un pays se décidait à se passer des énergies fossiles ou des matières premières présentes sur son territoire, il lui faudrait être en mesure de se défendre contre un pays ou une organisation prédatrice décidée à s’en emparer. Cela suppose d’être au même niveau de puissance que l’adversaire, et donc de recourir à beaucoup de science, de technique et d’énergie pour résister. Les anarchistes diraient simplement qu’il faut que les États et leurs prétentions de puissance disparaissent. De nos jours, il faut ajouter au triste tableau, certaines multinationales, dont il serait bien naïf d’ignorer la puissance d’agir pour s’emparer de ressources naturelles au détriment des populations les moins avancées dans la quête de la puissance. Autrement dit, la dynamique de la puissance me parait être indispensable à penser pour envisager de manière réaliste au cours du XXIème ou du XXIIème siècles une « société écologique ». Pour l’heure, les sociétés les plus capitalistes et les plus gourmandes en énergie et matières premières demeurent aussi les plus puissantes – et, franchement, j’ai bien du mal à imaginer comment ce cercle puissance/économie/énergie que la science et la technique entretiennent pourrait être brisé. J’ai bien peur au contraire que l’écart ne cesse de se creuser.

En somme, croiser une vision un tant soit peu réaliste de la politique mondiale contemporaine et une aspiration à « la société écologique » me parait difficile – sauf à imaginer qu’une société écologique particulière découvre un moyen inédit pour subjuguer les autres puissances.(Et je ne crois pas que cela soit la non-violence gandhienne…) Au final, Serge Audier  cherche les raisons de l’échec de tous ces penseurs à influencer la réalité historique (ce qui devrait être le thème d’autres ouvrages qu’il est en train d’écrire). A le lire, le poids du capitalisme consumériste  – aussi bien dans les structures que dans les mentalités qu’elles forment – vient tout de suite à l’esprit. J’y ajouterai volontiers l’oubli par tous ces bons auteurs de la volonté de puissance des États, des peuples, des élites.

Et comment sortir de la volonté de puissance? Vaste question, comme dirait le dernier héros en date de l’Histoire de France.  Morosité, morosité, vous dis-je.

 

 

Publicités

10 réponses à “Deux livres à propos des vaincus de l’anthropocène.

  1. Entièrement d’accord avec vous.
    Merci de nous écrire un livre sur le sujet. En effet je pense qu’une petite mise au point s’impose avant l’apocalypse: pour justifier que nous méritons malgré tout notre place prééminente dans la biosphère, nous devons prouver que nous restons les seuls êtres vivants conscients de nos limites et de nos défauts. A ma connaissance, ce grand œuvre n’existe pas, même si le livre d’Audier s’en rapproche.
    Vous pouvez participer à ce grand exercice d’introspection qui sera (qui sait?) redécouvert par une civilisation postérieure à la nôtre.
    Un exemple de titre: « Pourquoi nous n’y arriverons pas? »

    • @ tomate : certes, voilà un but dans la vie sympathique, je vais y réfléchir… En fait, il existe déjà beaucoup de choses sur ce point (Hans Jonas par certains côtés, ou les nombreux écrits sur les ‘négociations climatiques’), est-il utile d’en rajouter? Comme titre, je préférerais en tout cas ‘La civilisation du déni’. Merci en tout cas de votre appréciation.

  2. Et s’il faut donc se préparer à l’apocalypse : https://www.cairn.info/revue-questions-de-communication-2016-2-page-309.htm

    • @ Yannick Rumpala : je ne connaissais pas ton article, mais je vais m’empresser de le lire. (Cela ne m’étonne pas que tu réagisses : en même temps, mon chemin a été plus long que le tien pour comprendre certaines choses.)

  3. Je pense que le rappel de Serge Audier sur les liens entre la gauche et l’écologie politique n’est pas inutile, surtout depuis l’apparition, dans la mouvance de La Manif Pour Tous, de Limite ( http://revuelimite.fr ), « revue d’écologie intégrale » (les historiens auront noté le clin d’œil à Maurras…). Cette revue avait fait parler d’elle avec une interview de José Bové sur la PMA et la GPA. C’est là une vraie tentative d’associer de façon cohérente l’écologie à un projet politique, social et culturel conservateur, au-delà du simple greenwashing à la Marine Le Pen (l’expérience Laurent Ozon) ou à la Sarkozy (le Grenelle de l’environnement sous les auspices de NKM). Et je le dis d’autant plus facilement que je suis opposé à tout ce que représente LMPT…

    • @ setnibaro : Vous avez raison, je n’avais pas pensé à cet aspect tout à fait contemporain de relance essentiellement intellectuelle d’une écologie de droite intégriste/maurassienne, mais il reste que ces gens ont plus d’écho dans les médias que dans l’électorat en général et qu’ils ne représentent pas du tout l’écologie politique historique (partis ou associations), dans toute sa diversité par ailleurs du centre-gauche à l’extrême-gauche. Ce ne sont tout de même pas eux qui sont en train de dénoncer l’abus de nitrates dans l’agriculture bretonne productiviste…

      • Désolé pour la réponse tardive. Vous avez raison de dire que la relance d’une écologie de droite en France concerne plus le domaine intellectuel que le domaine électoral, pour les raisons que vous évoquez. Sur ce sujet, il y a un article très intéressant dans le n°8 de La Revue du Crieur (« Contre-révolutions écologiques. Quand les droites dures investissent la défense de la nature », de Zoé Carle).

  4. Excellent Christophe et voyons donc, je suis sur que tu n’es pas si morose que ca.
    Deux points de reactions de ma part:

    – « Cette différence m’a en effet frappé : S. Audier insiste plus sur l’argumentation de philosophie politique et sociale des auteurs, alors que les auteurs de la mouvance décrite par La Décroissance s’approchent souvent du problème spirituel ou de la motivation ultime de nos actes. « . Çà ne m’étonne pas du tout, on a eu un grand problème (de mon point de vue) en France post 68 avec une avancée dominatrice des mouvements un peu New Age un peu psycho-socio a la Deleuze mal digéré (si tant est que cette affaire puisse se digérer) en lien avec les questions écologiques,identitaires (au sens de l’identité personnelle) etc. En gros, c’est une des raisons pour lesquelles des mouvements comme l’intersectionnalite ou le véganisme ont mis beaucoup plus de temps à émerger en France qu’en Italie, Espagne, mais surtout UK, Suède, Canada… (A ce propos, conseil de lecture, le Que sais-je? sur le véganisme écrit par mes collègues du CRE est très bon). En gros, les forces vives françaises qui auraient pu rejoindre les rangs de ces combats plus philo/politiques et qui ressemblent davantage à ces mouvements du XIXe siècle ont fini dans des rangs plus « spiritualistes », « conscience » de la vie, alimenter le bonheur de soi, se faire plaisir (de préférence en faisant du fromage dans le Larzac ou dans un petit village africain où les gens ont peu, mais où ils rigolent)… blabla. A ce titre, l’inculture de Pierre Rabbi, un de leurs chefs de file, sur la philosophie vegan est flippante https://www.youtube.com/watch?v=jsuphxHhCA0

    – « Pour l’instant, en pratique, personne n’a trouvé une solution, adaptée à des masses individus, qui permette de ne pas faire de l’individu un consommateur avide de toujours plus de consommation, sauf à faire appel au système de régulation morale liée à une religion (à la manière des Amish les plus traditionnels) ». La Finlande est en train de mettre en place tout un système d’incitations pour arriver a une autosuffisance alimentaire, basée sur une nouvelle technologie alimentaire (bio/vegan). On est pas encore là, mais en tout cas, c’est un projet étatique. De mème, ici en Suède, tu as des rabais d’impôts pour acheter d’occasion et le contraire pour les produits neufs. Je ne dis pas que les pays nordiques offrent des solutions à la mesure des défis lie a la surconsommation, mais les pistes à explorer ne sont pas dénuées de sens non plus.

    • @ Clem Fon : merci de ton appréciation. Tu as raison sur la dérive des mouvements écologiques français vers le refus de la politique, sans doute liée aussi à l’absence de grande figure tutélaire plaidant en sens contraire.
      Je ne nie pas par ailleurs qu’il n’y ait pas des pistes qui sont explorées, mais je crains que cela soit bien trop lent pour empêcher le pire d’advenir.
      J’ai écrit mon compte-rendu avant que ne soit rendu public l’Appel des 15000 scientifiques, et du coup, j’ai un peu l’impression d’être dans l’air du temps. Il y a 95% de (mal)chances que tout cela finisse très mal. Certes, il reste 5%…, et je comprends que tu veuilles les jouer.

      Merci pour la référence sur le Que sais-je? portant sur le véganisme. Je vais l’acheter et le lire. Et tu auras noté que dans l’Appel des 15000 une claire allusion est faite à un changement de régime alimentaire pour l’humanité toute entière.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s