Commentons, commentons, il en restera toujours quelque chose.

Les lendemains d’élections sont toujours pour moi des journées un peu pénibles. En effet, je dois subir – si tout au moins je ne m’enferme pas loin de tout média – un flot de déclarations, commentaires, analyses, etc. plus ou moins valables. Les imprécisions et les emportements sont un tout petit peu énervant par moment. Les présentes élections régionales (1er tour) ne laissent pas de répéter ce scénario connu.

Premier exemple : certains vont aller dire à la terre entière que les sondages se sont (encore une fois) trompés (lourdement)… L’épisode du 21 avril 2002 n’a, semble-t-il, servi de leçon à personne. Un sondage dans tous les cas de figure (qu’il soit fait en face à face, par téléphone, sur Internet, au strict hasard ou par quotas, avec un petit ou un grand échantillon) comporte une marge d’erreur, souvent bien plus importante en pourcentage que les valeurs qui ont des conséquences politiques. A ceci s’ajoute l’indécision des électeurs qui décident tard de leur  participation et de leur vote. Ainsi,  concrètement, un sondage qui affiche une semaine avant le vote une force politique à 11% dans une région veut dire en pratique que la barre fatidique des 10% des suffrages au premier tour ne sera pas dépassée à coup sûr. Tant que l’on continuera à commenter les chiffres des instituts de sondage sans prendre en compte ce qu’eux-mêmes indiquent comme marges d’erreur, on aura la désagréable impression que les sondages se trompent (et nous trompent). Si l’on considère les sondages préélectoraux comme la « photo floue » qu’ils sont à un moment donné, et rien de plus, la netteté issue du premier tour ne les rend pas caducs.

Deuxième exemple : les simplifications des étiquettes partisanes. Sauf exceptions, les journalistes et commentateurs parlent de l’UMP qui a fait un mauvais score et du PS qui a fait un bon score.  Or  aussi bien l’UMP que le PS proposaient aux électeurs des différentes régions  du pays des listes multipartites de fait, des coalitions de partis et/ou de personnalités. Pour prendre le seul exemple de la Région Rhône-Alpes, la liste dominée par l’UMP ne comptait pas moins de sept alliés, mis d’ailleurs en ordre de bataille droite-gauche sous le logo de l’UMP dans la profession de foi envoyé aux électeurs . Je les rappelle de gauche à droite dans l’ordre choisi par l’UMP: « La Gauche Moderne », « les Progressistes », « le Nouveau Centre », « le Parti Radical », « le Parti Chrétien-Démocrate », « le CNPT », « le MPF ». Du côté PS, dans la même région, on retrouvait le « Parti radical de gauche », l’allié traditionnel de ce parti depuis les années 1970, et le « MRC », un parti issu d’une scission du PS au début des années 1990. Ces deux partis n’avaient pas été associés à l’élaboration des listes du PS lors des Européennes de l’année dernière. S’ajoutent des personnalités du « mouvement écologiste » et du « monde associatif ». Cette situation de listes qui sont déjà des coalitions se reproduit partout en France pour l’UMP et le PS, avec des géométries très variables, surtout pour le PS. Il faudrait donc dans les commentaires tenir compte de ce fait. Par exemple, en soulignant que, malgré son évidente capacité à coaliser presque tout ce qui  bouge du point de vue partisan entre le FN et le Modem, les listes de l’UMP ne semblent pas en très bonne posture. Il faudrait ainsi recalculer les pertes en pourcentage de ce qu’il vaudrait mieux appeler la « majorité présidentielle »  plutôt que l’UMP en n’oubliant pas les scores des petits alliés – qui furent un jour non négligeable en voix comme pour le CNPT dans le sud-ouest de la France. A ce stade,  la majorité présidentielle ne peut compter que sur peu de ralliements de forces politiques constitués. En Ile-de-France, la liste « Debout la République » pourrait venir aider la majorité, mais est-ce possible vu les propos désagréables de son leader à l’encontre du Président de la République? En tenant compte de ces petits alliés à gauche, on se rend compte que « le PS » fait un bon score aussi parce qu’il a reconstitué et/ou préservé son système d’alliance au niveau local dans toutes les régions, sauf… en Languedoc-Roussillon, où c’est le système d’alliance local du PS qui s’est rendu autonome des choix nationaux du parti de la « rue de Solférino ».

Troisième exemple : le discours sur l’abstention. Les perdants du premier tour s’y rattachent avec une ferveur touchante. Il est vrai qu’une mobilisation de second tour peut renverser des situations compromises, mais encore faut-il que l’adversaire en passe de gagner fasse peur… Or je ne vois pas que la reconduction des présidents socialistes de région, avec les pouvoirs limités qui sont les leurs, puisse faire vraiment peur à qui ce soit, et cela d’autant plus que les rapports de force internes aux coalitions de gauche, issus du premier tour, laissent une place limitée à la radicalité écologique et/ou sociale. Par ailleurs, la haute abstention tendrait à faire dire que, finalement, ces élections ne veulent rien dire sur les rapports de force politique à venir. J’en doute : logiquement, ce sont toujours les électeurs les plus intéressés par la politique en général qui sont allés voter ce dimanche dernier. On peut donc voir se dessiner parmi ces électeurs  les plus intéressés de fait par la politique institutionnelle les grandes tendances à l’œuvre. La gauche en général progresse, mais la gauche « anti-électorale » (NPA et LO) séduit bien peu sur ce terrain où sa présence est illogique. L’UMP et ses alliés reculent, mais ne s’écroulent pas, contrairement à ce qu’on aurait tendance à dire ici ou là. Le FN continue à représenter une culture politique irréductible à la droite républicaine élargie. Et le Modem représente lui la situation inverse du FN : même avec une telle abstention, qui favorise les partis dont les électeurs croient (un peu ou beaucoup) à l’onction électorale, il n’a pas du tout la capacité de représenter quelque chose d’important qui ne soit ni à droite ni à gauche. La dégringolade depuis 2007 semble désormais sans appel. Vu ses scores et le mode de scrutin, le Modem n’aura pratiquement aucun élu régional, donc aucune façon de se constituer une classe politique autonome de ce qui restait encore de l’UDF en son sein. Se situant dans la plupart des régions en dessous des 5%,  les membres de ses listes ne peuvent même pas se vendre (avec paiement immédiat) à la majorité présidentielle ou à l’opposition de gauche. On voit d’ailleurs déjà la dissolution poindre : Corine Lepage semble avoir hâte de quitter ce rafiot qui fait eau de toute part, et vogue vers la gauche à grande allure. Le plus raisonnable serait la dissolution immédiate, plutôt que l’agonie, mais en politique, les agonies sont le plus souvent préférées.

Quatrième exemple : la situation serait « rose » pour le PS. Il serait bon de rappeler avant toute chose que ce score vient tout de même après… huit ans d’opposition. Tout le monde insiste sur le fait que N. Sarkozy connait une désaffection après trois années de pouvoir en ne retenant que la date de 2007. On devrait aussi rappeler que la droite républicaine tient fermement le pouvoir d’État dans ce pays depuis le printemps 2002. Il n’est du coup pas totalement surprenant qu’au bout de huit ans, une certaine usure se fasse jour. Un bilan de cette période commence à pouvoir être tiré par les électeurs. La droite républicaine a en effet désormais  eu le temps d’appliquer son programme. Pour l’instant, le PS semble se contenter de cette situation en se présentant comme l’inverse des conséquences pratiques de la mise en œuvre de ce programme. Martine Aubry a ainsi parlé  ce matin de défendre la « vraie France », en renvoyant la politique de la majorité présidentielle dans une anti-France susceptible de ratisser large (libérale, égoïste, ploutocratique, comptable, etc. ) C’est plutôt bien vu, mais cela ne fait pas vraiment un programme de gouvernement. En 2010, le PS et ses (r)alliés sont redevenus le premier parti de France, mais une nouvelle donne du point du vue du programme politique se fait toujours attendre.

Pour ce qui est de l’actuelle direction du PS, on ne saurait trop souligner enfin le poids des erreurs faites en Languedoc-Roussillon. Comme il était prévisible, la liste du PS-national connait un bel échec, renforcé par la circonstance (imprévue à une lecture hâtive des sondages) que les possibles alliés de second tour (les écologistes et le Front de gauche) passent juste en dessous de la barre des 10% interdisant de tenter la quadrangulaire contre l’imprésentable Frêche. La direction nationale se trouve donc dans la situation pour le moins ridicule d’appeler à faire barrage à la droite et à l’extrême-droite… ce qui revient à voter pour la liste Frêche. Si vraiment ce dernier est un personnage haïssable, une honte pour la France, il fallait avoir le cran d’aller au bout de la logique républicaine ou morale dont on se réclame, à savoir proposer un franc soutien au candidat soutenu par l’UMP. Ce dernier essaye d’ailleurs d’obtenir des ralliements individuels en ce sens. Dans cette situation imprévue (merci les sondages mal lus…), G. Frêche va sans doute gagner la région (encore que…) et disposera du coup d’une majorité d’élus régionaux,  épurée des traîtres à sa cause. Cette situation de dissidence ne manquera pas de se poursuivre dans le conflit qui aura lieu lors des primaires (si elles ont lieu) pour désigner le candidat socialiste à l’élection présidentielle. Il ne reste plus à l’actuelle direction du PS à souhaiter une très mauvaise santé au « Néron de Septimanie ». Un tel triomphe, pour le coup entièrement personnel, pourrait en effet avoir raison de lui. On remarquera en passant que le pari de Martine Aubry d’un « grand chelem » pour le PS et ses alliés s’avère d’ores et déjà perdu, puisque sauf erreur G. Frêche & Cie sont « en dehors du parti ».

Ps 1. J’ai l’impression de ne pas être le seul politiste un peu énervé ces jours-là : voir les propos de Frédéric Sawicki sur Mediapart, où l’on découvrira les délices des comptabilités en chiffres absolus pour juger des résultats de ces élections. Pour une autre version, moins maîtrisée, sur le même thème, voir  Meilcour.fr .

Pour un commentaire plus  serein, voir aussi Yves Surel sur son blog .

Ps 2. J’avais manqué ce propos prêté à notre excellent collègue Pascal Perrineau en première page du Monde de dimanche-lundi 14/15 mars 2010 : lors de ces élections, « (…) devrait se manifester une volonté de sortir de la bipolarisation ». P. Perrineau faisait allusion en fait au bon score prévisible d’Europe Ecologie… J’ai quelque doute sur le non-ancrage à gauche d’Europe Ecologie et sur la rupture que son score représenterait avec la bipolarisation. En tout  cas, la formule restera comme maladroite, vu la Bérézina du Modem. Par contre, il est vrai que le renouveau (relatif) du FN nous fait bel et bien sortir de la bipolarisation…

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7 réponses à “Commentons, commentons, il en restera toujours quelque chose.

  1. Citons François Bayrou, avant que son bateau n’ait définitivement sombré. A propos de cette campagne, il avait déclaré qu’elle était composé « à 80% de sondages, et à 20% d’injures ». Pas faux, tant le traitement médiatique (car c’est bien de lui qu’il s’agit) a été saturé par les sondages, comme d’habitude au détriment d’analyses politiques plus fines. Et il n’est pas besoin d’ajouter ici aux lamentations des commentateurs sur le fait que les régions aient été les grandes oubliées de la campagne…

    On en avait déjà parlé sur ce blog, mais la question se pose réellement de savoir si les journalistes qui couvrent les campagnes sont capables ou non, désormais, de proposer ces analyses fines. Où se situe leur seuil d’incompétence ? Lisent-ils des travaux de sociologie électorale, mêmes les moins spécialisés ? Sont-ils amnésiques dans leur rapport aux sondages ? Sur ce dernier point, on ne peut que s’étonner que depuis 30 ans la critique scientifique des sondages politiques, régulièrement renouvelée (cf. les ouvrages récents de P.Lehingue ou A.Garrigou) n’ait pas pénétré les sphères journalistiques. Et qu’ils soient toujours utilisés « comme si de rien n’était », la croyance en leur validité ne semblant pas du tout altérée. Et il faut voir comment sur France-Inter il y a quelques jours, N.Demorand insistait sur un sondage donnant le PS 1 point devant l’UMP (tandis qu’à la même heure un sondage OpinionWay donnait l’inverse…), comme s’il avait mis la main sur le Saint Graal. Et il n’est pas le seul. Je m’étonne aussi qu’on s’obstine à présenter ces chiffres sous leur forme absolue, et jamais sous la forme d’une fourchette, ou sans préciser les marges d’erreur, les redressements, etc.

    Dernier souci, l’oubli effectivement que l’on est dans un scrutin régional et de listes, et la propension à agréger artificiellement des résultats pour proposer une photographie « nationale », qui en fait n’existe pas. Au fond, même si le scrutin est différent, même si les circonscriptions sont différentes, et même si les partis sont différents, toutes les lectures des résultats des élections « secondaires » sont rabattues et faites en leur appliquant le modèle de l’élection présidentielle. Ce n’est pas tant la nationalisation de la vie politique que la « présidentialisation » des analyses de résultats qui obligent à ces contorsions pour additionner des éléments aussi épars, afin de les aligner sur une grille où ils pourront être compris comme pour l’élection présidentielle. Ce qui explique aussi les assertions macroscopiques sur le « vote sanction » à l’égard de N.Sarkozy (au cas où, je rappelle qu’il ne se présentait dans aucune région…), et sur la répétition de 2012 qu’il serait.

    Avant l’hyperprésident, il y a surtout l’hyperprésidentialisation.

  2. @ Emmanuel T : merci de ton commentaire.

    Je suis entièrement d’accord sur l’absence d’impact de tout ce qu’ont pu dire ou écrire les collègues sur la sociologie électorale ou sur l’utilisation un peu rationnelle des sondages d’opinion. C’est un vrai fait social pour le coup : les journalistes changent, l’usage abusif de ces sondages demeure, et rien ne les en fera démordre des commentaires sur 0,5 point de variation… Cela parait d’autant plus tragique que, vu la place prise par Science-Po et les IEP de province dans la formation des élites journalistiques actuelles, ces journalistes dont nous parlons ont nécessairement tous entendu parler des problèmes liés à l’interprétation correcte des sondages, soit par des collègues très favorables à l’outil, soit par des collègues plus hostiles. Un peu comme tout banquier a entendu dans sa formation un discours censé sur l’évaluation des risques…
    Cela nous mènerait à une réflexion plus générale sur la « dé-rationalisation » liée à l’exercice à succès d’une profession quelconque en dépit même de ce qu’on apprend pendant les études. Il y a les bonnes pratiques comme diraient les médecins, et les pratiques usuelles.

    Ton idée sur l’hyperprésidentialisation du commentaire me séduit assez. En même temps, comme les différences de configurations régionales existent tout de même, les journalistes ont été obligés d’en parler un peu.

  3. « Les hommes dans l’action sont les moins bien placés pour apercevoir les causes qui les font agir », Durkheim.

  4. Oui, dé-rationalisation, amnésie, ou poids écrasant des manières de faire journalistiques, qui évincent la formation théorique ou critique. C’est d’ailleurs pour cela que je mentionnais N.Demorand (plutôt que cent autres) dont on sait qu’il est normalien.
    Du reste, j’avais discuté il y a quelques années avec des enseignants de Sciences Po Paris qui disaient avoir lancé leur formation Journalisme précisément en réaction à ce qui leur semblait des dérives du métier, en particulier sur l’analyse des résultats électoraux. On manque encore de recul sur cette formation, les premières promotions entrant sans doute à peine dans le métier, et pas nécessairement aux postes les plus importants ou les plus visibles, mais pour l’instant les effets ne sont pas perceptibles…

    C’est vrai que les commentateurs peuvent faire l’effort de « redescendre » au niveau régional, notamment pour donner des résultats locaux (c’est bien le moins). Mais ils le font aussi quand ils y sont obligés, c’est-à-dire quand la configuration partisane locale suspend justement la « présidentialisation » de la lecture des résultats. Typiquement en Languedoc-Roussillon, où il est délicat de monter en généralité à partir des résultats (sauf si l’on veut accréditer par là l’idée d’un « vote sanction » à l’égard de M.Aubry…).

    Dernier élément : l’absence de nombreuses têtes de listes régionales sur les plateaux TV des chaînes nationales, où l’on retrouve quasi uniquement le personnel politique central, y compris des acteurs ne se présentant pas… Pas grand-chose pour Rhône-Alpes dimanche soir, une grève à France 3 ayant empêché le décrochage local, au profit de la seule région Ile-de-France (que j’ai en partie suivie avec intérêt et un brin de nostalgie).

  5. @ Emmanuel T. : c’est vrai que le « normalien » ne se distingue pas des autres journalistes sur ce point. Un dessin de Plantu en une du Monde se gaussant de l’écart sondage/vote effectif sur le cas du FN ne tranche d’ailleurs pas avec ce reproche fait aux sondages par incompréhension profonde du mécanisme technique en jeu.

    Il faut dire que l’explication qu’a donné en pages intérieures le Monde de la divergence entre les résultats des sondages préélectoraux et le résultat effectif du FN au premier tour de ces élections régionales, explication reposant entièrement sur la tendance de ces possibles électeurs à dissimuler leur intention quand ils acceptent d’être interrogés pour un sondage, réitère elle-même le refus, la dénégation, l’aveuglement des journalistes politiques sur la nature proprement technique du sondage. L’idée que la « vérité » d’un sondage ne puisse pas être autre chose qu’une estimation de la zone (« fourchette ») dans laquelle se trouveront avec une forte probabilité le résultat si le vote avait lieu le jour du sondage semble devoir leur échapper totalement. On se trouve mutatis mutandis un peu dans la même situation avec les débats sur le changement climatique : par certains côtés, on dirait que les journalistes voudraient que les climatologues sachent dire exactement ce qui va se passer d’ici un siècle, en commençant par le temps de l’hiver prochain. Les journalistes s’adressent sans doute à un public peu enclin à une vision probabiliste des choses, mais ils pourraient faire un petit effort eux-mêmes. Le plus drôle dans l’affaire, c’est que les journalistes sportifs avec leur attrait grandissant pour la comptabilité des scores antérieurs se montrent presque plus « scientiste » que les journalistes politiques… Pour ne pas parler du « turfisme »…

  6. Pas tout à fait d’accord sur Languedoc-Roussillon ; à mon sens, la direction du PS s’est fait piéger, en particulier par l’article de L’Express ; elle ne pouvait faire autrement, sinon que n’eût-elle entendu…
    Pour le reste, globalement d’accord… Suite des commentaires ce soir et surtout demain.

  7. Pingback: J’apprécie beaucoup Michèle Tribalat | Polit'bistro : des politiques, du café

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